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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 20:49

Les écolos rigolos



Lundi :

 

         Sept heures et demie. Un Soleil écarlate émergeait dans un horizon dégagé. Pour Sylvain, il était l’heure de retourner au lycée dans sa classe de seconde.

            Sylvain ouvrit la fenêtre et découvrit le spectacle du Soleil levant.

 

Exactement comme dans mon rêve… songea-t-il. Quel rêve merveilleux…

 

Il était question d’une vision du futur des plus charmantes pour son créateur. Une grande plage bordée d’une mer turquoise reflétait savamment les couleurs du ciel du matin. Quelques gens s’y trouvaient et contemplaient la scène avec un profond dévouement. Les cris des frégates remplaçaient le hurlement des voitures, point de tumulte citadin mais le murmure apaisant et régulier de l’onde.

 L’humanité avait laissé loin derrière elle la marque de tous ses innombrables péchés : plus de guerre destructrice, plus de précipitation inutile, plus de machines infernales, plus d’industries monstrueuses et dégradantes, non, tout cela était fini. Les gens vivaient sobrement, dans le bonheur le plus total que procurait l’existence harmonique -fusionnelle ?- avec la Nature.

 

Je n’oublierai jamais ce rêve… Jamais.

 

Retour à la réalité. Il fallait se dépêcher, les cours débutaient à 8 h.

 

Dès que Sylvain eut avalé deux tranches de pain bio tartinées avec de la confiture bio et trempées dans un café bio au lait bio, enfilé son pull 100% coton bio et plus plaqué que coiffé ses cheveux faute de sécrétion abondante non corrigée de corps gras, il enfourcha son vélo. Le lycée était à l’autre côté de la ville.

 

 Pourvu que je n’arrive pas en retard…pensa-t-il, redoutant un phénomène…presque cyclique.

 

Huit heures dix. Bureau du CPE, M.Chantelort.

« Encore ! s’écria-t-il. 

-Mais c’est pour sauver la planète…

-On la connaît celle-là ! interrompit le fonctionnaire en colère. … bien un truc d’écolo … continue, je vais vous renvoyer de… des excuses signées … sinon une retenue… plus vous voir…

-… »

 

Plus tard dans la matinée, lors de la récréation, Sylvain s’empressa de quérir sa petite amie, Julie.

            Ils se saluèrent banalement, s’embrassèrent brièvement et se confièrent les nouvelles du week-end.

 

« Tu as vraiment fait un rêve magnifique… s’émerveilla Julie à l’écoute du récit passionné de Sylvain. »

 

Ce dernier marqua un bref temps d’hésitation.

 

« J’ai… j’ai une idée là-dessus. Ce rêve, il est réalisable. Ensemble, on pourrait faire partager ce rêve à tous ceux qui nous entourent pour qu’il devienne enfin réel. Tous les deux, on pourrait rendre la Terre plus verte, sans OGM, sans voitures, sans toutes ces choses qui en fin de compte ne servent à rien. »

            Julie acquiesça.

« C’est vrai, tout ce luxe… ça me dégoûte. Prendre sa voiture pour aller de l’autre côté de la ville… non, ça devient n’importe quoi.

-Alors, t'es d’accord ?

-Pour quoi ?

-Pour qu’on réalise ce rêve ensemble.

-Mais bien sûr ! ».

 

Elle rit et il fit de même par contagion d’émotion. Nouvelle embrassade, plus passionnée cette fois ci.

 

Midi et demi. Sylvain retrouve de la compagnie pour le repas. Tous des camarades de classe. Cette fois ci, il y avait Sébastien, l’esprit plongé dans ce qu’il avait découvert dans le dernier numéro de Science et Vie, Damien, le cerveau encore branché sur Messenger, Victor, fort de ses scores de la veille dans le jeu de tir à la première personne Counter Strike,  Bertrand, songeant à moitié au dernier film qu’il avait vu, et Franck, plus réceptif à l’arrivée de Sylvain.

 

«  Salut Franck, salut Damien !

-Alors, t’as révisé pour le contrôle de Physique-Chimie  Jeudi ? répondit Franck.

-Woh… déjà que j’y comprends rien, si en plus on rajoute des moles ou je sais pas quoi, ça facilite pas les choses. »

Sébastien fit une moue traduisant un certain désaccord et une mauvaise impression.

« C’est vrai que c’est pas évident, admit Franck. Mon père va sûrement m’aider, il s’y connaît pas mal.

-Au fait, ton père, il est pas ingénieur à EDF ? demanda Bertrand.

-Si, justement. Il a dû…

-S’il, vous plaît, interrompit Damien, on parlera de ça plus tard, d’accord ? ».

            Les autres affichèrent un consensus facial que seuls Sylvain et Victor n’arrivaient pas à comprendre. Néanmoins, ces deux-là ne posèrent pas de questions et laissèrent passer cette chose qui aurait dû attirer leur attention.

 

            Après une discussion amicale sur le film qu’avait vu Bertrand et les « exploits » vidéo-ludiques de Victor occupant les camarades de classe pendant la queue les menant au self, ces derniers arrivèrent à un moment crucial et fatidique : le choix personnel des aliments.

            La plupart sautèrent sur les lasagnes, accompagnées d’une salade ; lorsque Sylvain ne prit que la salade en tant que plat de résistance, Victor étouffa un ricanement. Les entrées furent plus variées ; pour sa part, Sylvain se résigna à prendre un ravier de crudités accompagnées d’un petit morceau de beurre sommairement confiné dans de l’aluminium. Arrivés au choix des fromages et desserts, Damien, Franck et Sébastien ne prirent aucun fromage mais compensèrent avec deux desserts comme à l'habitude, bien que le self était censé ne fournir au maximum qu’un fromage et un dessert. Et là où Victor s’octroya deux îles flottantes et un yaourt aromatisé sucré, Sylvain emporta tout aussi machinalement une part de brie, deux pommes, une orange et une banane.

Et ils s’assirent sur une table de huit personnes, ne se doutant pas que cette sélection était le signe de ce qui allait suivre…

 

Mince… J’aurais pas dû en prendre autant…pensa Damien. J’aime bien les lasagnes, mais là…

 

« Est-ce que quelqu’un veut de mon pâté ? demanda-t-il.

-Ah oui, je comprends, tu veux qu’on t’aide à enfiler ta dose, remarqua Bertrand. »

            Personne d’autre ne répondit.

« Allez, vous en voulez ? C’est du bon pâté de campagne.

-Hein ? Bweurk ! Non ! s’exclama Sylvain. T’es fou, je veux pas attraper la peste ! lança-t-il sincèrement. »

            Victor ricana.

« Oh non, ça va pas recommencer ! se plaignit Damien.

-Trop manger de fruits… marmonna mesquinement Victor.

-Moi, j’en veux pas de ton pâté pourri, répliqua Sylvain. A la limite, si vous voulez vous empoisonner, c’est votre problème ; je vous rappelle que le centre anti-poison est à cent cinquante kilomètres. »

            Victor ricana de plus belle.

« On va pas s’empoisonner, rétorqua Franck, sinon on serait morts depuis longtemps ! Mais si tu veux offrir de l’argent pour les funérailles de Damien avec toutes ces lasagnes, je pense qu’il dira pas non. »

            Damien rit et acquiesça. Sébastien soupira, méditatif.

« Est-ce que vous savez qu’aujourd’hui, dès que c'est pas bio c'est des OGM ? déclara Sylvain.

-Dans ce cas là, pourquoi tu manges de la salade et des fruits ici? demanda Franck.

-Trop manger de fruits, ça peut donner des boutons… tout verts ! Tout verts ! répéta Victor sur un ton de moquerie.

-Oh, arrête avec ça ! répliqua Sylvain, assez exaspéré.

-C’est vrai, t’es lourd, renchérit Bertrand.

 -Oui, donc si je mange de la salade et des fruits, ben, c’est parce que j’ai pas trop le choix, mais surtout parce que c’est plus sain que du porc ou du beurre. Tenez, si vous voulez mes crudités, je vous les passe ; elles ont dû se faire empoisonner par le beurre.

-Roh la la… fit Damien. »

 

            Sébastien profita d’une légère pause -car Victor était encore plongé dans sa « thèse » sur les boutons verts- pour placer ce sur quoi il avait réfléchi.

 

« Mais dis moi Sylvain…

-Oui ?

-Tu disais pas que les plantes, avec la photosynthèse, luttaient contre le réchauffement climatique ?

-Bien sûr que si, pourquoi ?

-Mais là, tu manges bien de la salade ? Enfin…

-Hein ? Ah oui, mais les animaux, ça pollue plus.

-Oui, c’est vrai, il faut empêcher les vaches de péter, dit Franck.

-Ca devient vraiment n’importe quoi… remarqua Damien. »

            Sylvain était bien embarrassé. Il fallait faire tout ce qu’on pouvait pour sauver la planète, mais…

« Allez Sylvain, renchérit Victor, fais un geste pour la planète : retiens-toi ! Ha ha ha ha ha!»

            C’est bon, l’écologiste a trouvé la réponse :

« Non, c’est la Nature.

-Ben ta nature, tu vas la montrer ailleurs, rétorqua Damien. On veut pas de tes odeurs. »

            La tension était à son comble, et c’est là que Bertrand intervint.

 

« Bon, écoutez, faudrait se calmer, là. »

            L’attention était encore ailleurs. Il reprit :

« Tenez, je vais vous prendre votre pâté et vos crudités, si vous voulez. »

            Damien et Sylvain se tournèrent vers lui et lui donnèrent leurs entrées avec un certain soulagement dans ce climat agité.

«Merci. Chacun décide de ce qu’il mange, on ne va pas imposer aux gens de manger bio, Mcdo ou quoi que ce soit. Si Damien veut s’emplâtrer des lasagnes, c’est son problème, après il assume les conséquences. Si Sylvain veut être végétarien, c’est son problème aussi. Par contre, Sylvain, à dire que le petit morceau de beurre, emballé en plus, il va contaminer les carottes rapées, là t'exagères. »

            Tous se taisaient, la mine renfrognée caractéristique de l’apaisement progressif d’un conflit.

« J’ai fini, dit Damien en emportant son plateau. »

 

            Le repas s’acheva dans un froid silence de monastère, sans incident notable. Sylvain fut de loin le dernier à partir.

 

            Quinze heures. Cours de Sciences de la Vie et de la Terre. Le professeur rendait les copies sur le fonctionnement du système circulatoire.

 

« Franck… A revoir. Victor... A revoir aussi. Sébastien… Le sujet a été compris, c’est bien. Laurent… Quelques erreurs par ci par là, je pense que tu peux faire mieux. Sylvain… Sujet compris, rien à redire, sauf peut-être ta petite remarque que j’ai signalée dans la correction, à éviter à l’avenir, au cas où... Mais rien de bien grave. Nicolas… »

            Sylvain posa son regard sur la copie avec assurance. Seize. Dans ce cas là, pas vraiment la peine d’écouter la correction, il se demandait bien quel pouvait être le problème. Il parcourut rapidement la copie –il y avait peu de rouge- et aperçut assez vite un certain bloc d’écriture du professeur dans la marge.

Alors c’est pour ça qu’elle m’a averti…Apparemment, les autres n’ont pas compris que la Nature était bien faite, pourtant ça me semble évident avec tout ce qu’on a appris…Mais qu’est-ce qu’elle a bien voulu me dire ?

 

« A éviter à l’avenir, on ne sait jamais sur qui on peut tomber… Je te conseille de lire des livres sur la théorie darwinienne de l’évolution et la génétique, et tu verras que cette conclusion est un peu hâtive. D’ailleurs, pour te prouver que c’est faux, rappelle toi que les maladies sont d’origine naturelle… »

 

Sylvain était assez déboussolé. Tout ce fonctionnement, ces circuits parfaits avec le cœur, les poumons… Mais…

Tiens, qu'est-ce que je vais faire ce soir ?

Le cours s'acheva avec un Sylvain rêvassant.

Dix-huit heures vingt-cinq. Retour à la maison – en vélo, bien sûr. Sylvain retrouva sa mère, Christine. Elle faisait des petits boulots à temps partiels, et cela n’était pas plus mal, car avec une famille composée de deux parents et d’un fils unique, il y avait fort à faire à la maison.

 

« Comment ça s’est passé cette journée ? demanda-t-elle.

-Euh… La prof a rendu les devoirs de SVT.

-Et alors ?

-J’ai eu seize.

-C’est bien mon chou, je suis fière de toi. »

            Ton admiratif, succès : Sylvain sourit à ce franc compliment. Lui aussi était fier de lui. Son sourire s’effaça quelque peu :

« Ah oui… Sinon, je me suis disputé avec des gars de ma classe.

-Pourquoi ?

-C’était sur des questions de nourriture. Ils vont jamais comprendre…

-Oh, attends que Gérard soit là et on en reparlera, d’accord ? »

            Il acquiesça. Gérard était son père ; il était professeur de SVT dans l’ancien collège de Sylvain, où il avait acquis une certaine… notoriété.

 

« Bon, on a de la chance, il a plu aujourd’hui, comme ça tu pourras te laver avec de l’eau toute fraîche. Qu’est-ce qu’on a de la chance de vivre au bord d’une ville où les pluies ne sont pas acides… Les gens ne se rendent pas compte de cette chance et préfèrent prendre de l’eau chère et polluante, trop chaude et en trop grosses quantités… C’est pas bon pour le réchauffement climatique tout ça, et pour la Nature, encore moins. »

            Courte pause. Sylvain répondit :

« Oui, c’est vrai. La Nature nous offre généreusement son eau, et on se sent obligé de la transformer à tort et à travers. Si ça continue, Mère Nature pourrait se mettre en colère et nous punir. Ce serait triste d’en arriver là, mais… »

            Christine ne répondit ni ne finit sa phrase.

« Bon, j’y vais, dit-il.

-Pendant ce temps, je vais préparer le repas avant que Papa arrive, il a une réunion. Allez, file. »

 

            Sur ce, Sylvain se dirigea vers le petit jardin derrière la maison. Une grande cuve cylindrique en bois poli se tenait là. A côté, deux seaux constitués de planches en bois cerclées de fer quelque peu oxydé, avec une anse et un fil attaché à une boucle de métal encore plus rouillée au sommet de l'anse. Divers draps étaient pliés par le soin de la mère, posés sur une espèce de petit banc en bois pourri. Au dessus de la cuve, on apercevait aisément deux sortes de toboggans à eau, qui étaient en fait des prolongements de la gouttière, et on pouvait remarquer qu’ils avaient été installés plus tard que ces dernières car leur état et matériaux respectifs étaient assez différents : les gouttières en aluminium et leur prolongements en bois poli.

Sylvain prit un seau qu’il plongea dans la cuve afin d’en recueillir le précieux liquide et mit un drap sur son épaule. Il emporta ce seau à l’intérieur dans une pièce qui était censée s’apparenter à une salle de bains, le posa par terre, et étendit le drap sur une bassine. Il tenta de fixer le drap sur la bassine à l’aide de pinces.

J’espère que ça tiendra, pensa-t-il. Ainsi, il ne demanda point d’aide à sa mère. Il avait seize ans quand même, il pouvait se laver tout seul !

            Il versa le contenu du seau sur le filtre de fortune. Pas de problème, il s’en alla quérir un deuxième seau, les remplit à la cuve, revint à la bassine. Il versa progressivement l’un des deux seaux. La bassine était presque à moitié remplie. Le deuxième seau…

Mince ! Il eut une expression de gêne mêlée à une mauvaise surprise. Une pince avait claqué, le fond du deuxième seau n’avait pas été filtré.

J’ai plus qu’à tout recommencer…

 

            Dix-neuf heures cinq. Repas en famille ; le père allait bientôt arriver. Sur une petite table étaient disposés trois assiettes, trois verres, trois couteaux, trois petites cuillères et des serviettes assez tachées. Au menu : salade vosgienne 100 % bio du jardin, aménagée en raison de l’absence de lardons – Quelle horreur ! pensa Sylvain à l’idée de la recette originale. Après une attente polie, Gérard arriva.

 

« Bonjour tout le monde ! Oh, qu’est-ce que c’est que ça ?

-C’est la salade du jardin que je t’avais promise, répondit Christine.

-Oh, c’est gentil, j’avais bien fait de te la demander.

-Ah oui, il a plu aujourd’hui, alors je me suis dit que je pourrais laver les assiettes et les couverts cette fois-ci.

-Non, c’est pas la peine, ça sert à quoi de laver la vaisselle si c’est pour la salir ensuite, hein ? »

            Sa femme cogita un instant.

« Oui, c’est vrai, ça peut encore attendre.

-Bon… »

            Le repas se déroulait dans un profond et solennel silence. Après la salade vosgienne, chacun savoura son yaourt au soja aromatisé au cacao, dessert idéal pour qui mange végétalien et bio.

 

Après le repas, un certain temps s’écoula où chacun vaquait à ses affaires, les parents faisant leur toilette, Sylvain s’occupant de ses exercices de mathématiques qu’il finit par abandonner sans les avoir tous essayé au profit du vocabulaire de sa première langue vivante étrangère avec l’Anglais, l’Allemand.

 

Ca au moins, je comprends à quoi ça sert, pensa-t-il tout rêveur.

 

            Le soleil commençait déjà à plonger derrière l’horizon lorsque Sylvain se confiait à son père au sujet de la dispute qui l’avait malgré tout gêné.

 

« C’est déplorable de voir que les gens n’ont rien compris et ne cherchent même pas à comprendre.

-C’est sûr… répondit sa mère.

-C’est pas en mangeant du porc qu’on va sauver la planète…»

            Gérard, voyant la nuit arriver, s’était saisi d’une bougie et d’une boîte d’allumettes. Il sortit une allumette et la craqua.

« Nous sommes en avance sur notre temps, déclara-t-il en portant la flamme à la bougie.

-Chéri !

-Oui, c’est ma conviction et je la défends.

-Tu es sûr que…

-Absolument. Je pense fermement qu’un jour, les gens vont ouvrir les yeux et faire comme nous, et que tout ira mieux, que la vie sera plus belle, plus propre, plus respectueuse de la Nature.

-Tu es vraiment trop optimiste…

-Non, non, j’ai de bonnes raisons de croire ça, pas toi ? »

 

« Bon, la vie nous l’apprendra, continua-t-il. En attendant, je vais me coucher. Pas la peine de lire cette fois-ci, je suis trop fatigué. Bonne nuit Christine.

-Bonne nuit –ils s’embrassèrent.

-Bonne nuit Sylvain.

-Bonne nuit Papa –ils s’embrassèrent.

-Fais de beaux rêves.

-… »

 

            Ainsi, toute la famille s’en alla se reposer, avec dans leur lits de nombreux et inoffensifs lapins de compagnie, la lumière de la Lune gibbeuse pénétrant dans les chambres, les éclairant doucement dans une atmosphère de calme et de paix.

 

Nous sommes bien gâtés, pensa Sylvain. En la respectant et l’aimant, Mère Nature nous remercie…

 

« De rien. »

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Published by Bête spatio-temporelle - dans Les écolos rigolos (feuilleton)
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commentaires

Mathilde 06/09/2009 16:23

Passent les jours et les semaines, y'a qu'le décor qui évolue...

Inutile de reprendre sur le concept général de ce que tu nommes plaisamment "écolo rigolo", une fois ça n'a servi à rien, deux surement pas davantage
Prenons cette fois du point par point:
1-manger que du bio, aucun écolo bien renseigné ne le ferait, parce que acheter la production locale est aussi important que limiter l'usage des pesticides; or la production bio est insuffisante en France, on trouve donc régulièrement des produits venant de Nouvelle-Zélande
2-les shampooings les plus efficaces que j'ai connus étaient ceux à base de plantes, dommage pour ta thèse selon laquelle les écolos sont des crasseux aux cheveux gras...
3-tu connais beaucoup de villes où la voiture est le mode de transport le plus rapide à l'heure de pointe? Moi non. Mais admettons, même si le vélo était plus long, ben y'a qu'à partir plus tôt...
4-Sauver la planète! Tu me fais rire. La Terre, elle sera là jusqu'à l'explosion du soleil, contrairement aux espèces qui la peuplent, puisque plusieurs grandes vagues d'extinction (80% du vivant) ont déjà eu lieu, et qu'on est à l'aube d'une nouvelle vraisemblablement. Et devine quoi? C'est toujours l'espèce dominante qui disparait la première.
5-Le choix des aliments, en avant... bon, mettons les choses au clair, un choix "écolo" des aliments dans une cantine, c'est pas possible. Ne serait-ce qu'à cause de ces *biiip* de normes d'hygiène qui veulent que tout soit en emballage individuel, bonjour la quantité de déchets. Mais c'est une raison pour manger de la viande à chaque repas? Einstein lui-même à affirmer que rien ne ferait autant de bien à l'humanité qu'un retour à une alimentation moins carnée.Manger de la viande, c'est pas un besoin, ou en tout cas pas aussi souvent, c'est une convention sociale, ça montre qu'on est riche. Maintenant on arrive à l'inverse: les classes favorisées mangent moins de viande car elles sont mieux informées sur les risques d'en surconsommer. Bref, toujours est il qu'un kilo de céréales, ça demande une certaine quantité d'eau, d'énergie, éventuellement de produits chimiques à produire. Un kilo de viande, ça demande beauuuucoup de kilos de céréales, plus encore de l'eau et de l'énergie en plus. Résultat: si on veut que tout le monde mange à sa faim dans le monde, il faut apprendre à se passer de viande de temps à autre, puisque les végétaux sont plus faciles à produire (à la rigueur, les oeufs et les produits laitiers peuvent fournir des protéines à moindre cout pour l'environnement).
6-la théorie de Sylvain, c'était que tout ce qui est naturel est bon? Sans même parler des virus (qui peuvent aussi être guéris par des moyens naturels), l'amiante, c'est naturel...
7-deux parents, un fils unique, fort à faire à la maison... ça semble bizarre quand on pense aux familles de trois enfants et dont les deux parents travaillent. Je suppose que tu voulais par là montrer que l'écologie, c'était le retour à l'asservissement de la femme, qui ne peut plus travailler? Mais c'est toi qui a choisi de faire rester la femme à la maison et de donner un boulot au mari dans l'histoire, d'autant qu'en étant prof, c'est très facile d'obtenir un temps partiel. Après, travailler moins pour gagner moins et avoir le temps d'économiser en carburant ou en électroménager ce qu'on perd en salaire, en faisant un peu les choses soi-mêmes au lieu de ne consommer que des plats tout prêts, c'est surement un choix de vie moins critiquable que trop travailler pour être riche et ne jamais voir ses enfants. Pour la douce idéaliste que je suis, être parent est plus essentiel qu'être salarié. Tant pis pour ceux qui préfèrent le travail et l'argent, il vaut mieux ne pas avoir d'enfants.
8-c'est franchement ridicule de séparer "réchauffement climatique" et "nature"... et parler de "mère Nature" qui peut nous punir, de la part d'un fils de prof de SVT? Aucune crédibilité.
9-la récupération de l'eau de pluie, c'est pour l'arrosage du jardin, éventuellement la chasse d'eau des toilettes, surement pas pour se laver, l'eau potable est indispensable pour ça.
10-jolie, ta description du système archaïque pour les ridiculiser, mais totalement improbable. Il suffit d'être un minimum bricoleur pour arriver à beaucoup mieux que ça sans la moindre dépense d'énergie. Installer un tuyau, c'est franchement à la portée de tout le monde.
11-quelqu'un qui en sait autant qu'un prof de SVT sur les dangers des microbes et qui ne lave pas ses assiettes? Arrête, c'est de plus en plus ridicule.
12-dessert au soja-cacao, autrement dit, l'exemple type de l'aliment pour bobo qui achète du bio "étiqueté AB" pour se donner bonne conscience, alors que la part de produits cultivés sans pesticides n'est pas si grande, que c'est entièrement industriel, en emballages individuels la plupart du temps, et bien sur non recyclable ... merci, l'écolo extrémiste que je suis à tes yeux préfère les yaourts de la ferme d'à côté dans leurs pots réutilisables, tant pis si c'est pas marqué "bio" dessus!
13-Tu veux humilier ton héros en montrant qu'il ne comprend même pas à quoi servent les maths? Forcément, pour les entreprises, les maths sont plus utiles, les langues n'ont d'intérêt que si elles sont utilisées pour le commerce international, d'où une sur-valorisation du bac S par rapport aux autres.(c'est bien connu que les système éducatif français n'est fait que pour les entreprises, pas pour les élèves). Savoir parler la langue d'un autre peuple, c'est un signe d'ouverture, c'est la meilleure garantie que tu seras bien accueilli si tu voyages, c'est un passeport vers un enrichissement culturel... De même que la littérature, ça ne sert peut être pas directement aux entreprises (cf les déclarations de notre président sur La Princesse de Clèves), ça n'en est pas moins indispensable.
14-la bougie, plus écolo que l'électricité? Ca se discute, c'est l'éternel débat nucléaire contre combustibles... qui n'aura plus lieu d'être si d'une on baisse notre consommation, et de deux on passe à l'énergie éolienne/solaire/hydraulique (des fleuves comme des vagues)... mais d'abord baisser notre consommation, puisque les autres méthodes produisent moins que le nucléaire.

Bête spatio-temporelle 07/09/2009 15:41


Le devoir m'oblige à répondre point par point.

Pas étonnant que seul le décor ait évolué, j'ai écrit ce feuilleton en été 2007. Seuls quelques remaniements ont été faits récemment, mais je n'ai pas énormément condensé.

1! : Quelque soit la valeur écologique du tout bio, les écolos rigolos ne sont justement pas bien renseignés, donc ce que tu dis sur les écolos bien renseignés ne peut s'appliquer à
des écolos rigolos.
2! : Je connaissais pas encore les shamppoings à base de plantes à l'époque. Erreur de ma part, 1 point pour toi.
3 : Moi je pensais à la ville de mon lycée, une agglomération miteuse de 40 000 habitants où vivent le lapin vert et la panthère rose, qui ne sont pas des légendes (en tout cas pas le lapin
vert).
4 : "Sauver la planète" n'est pas le bon mot, tu as raison. Il faudrait dire "sauver la biosphère". Mais c'est pas moi qui le dit, ce sont des écolos rigolos qui répètent des conneries fréquentes
de manière très explicite. Nouvelle crise à venir : j'y crois aussi. Espèce dominante qui disparaît en premier : dans les premiers oui, mais plutôt les grosses bébêtes (genre humain moderne).
5 : Laisse donc ta grossièreté sortir de tes doigts, elle ne te rendra pas vulgaire. Cantine : changer son plateau repas ne fait pas forcément changer le menu, et changer le menu ne fait pas
forcément changer la production. La viande qui demande beaucoup de choses pour être produite : je le répète (déjà dit sur le blog de Balqama), y a des êtres vivants qui recyclent ce qui te semble
perdu, et l'eau aussi ça se recycle. Trop manger de viande c'est mal, mais c'est aussi à la production de s'ajuster dans les limites du raisonnable (et qu'est-ce qu'on en est loin...).
3! : C'est bien Mathilde, tu fais mieux que beaucoup d'écolos en disant que le naturel c'est pas forcément bien.
7 : Je voulais pas du tout montrer que l'écologie est un retour à l'asservissement de la femme ! Déjà, c'est l'écologie extrémiste et irréfléchie que je critique ici. En fait, je me suis inspiré
d'une famille de témoins de Jéhova pour imaginer la famille de Sylvain. Tu comprendras. Et sinon je suis tout à fait d'accord avec toi sur l'importance positive d'avoir des enfants et de s'en
occuper.
8 : Gérard n'est pas cohérent, donc le fait qu'il soit prof de SVT et qu'il parle de la punition de "Mère Nature" est tout à fait crédible. Pour info, j'ai connu un prof de
physique-chimie qui était créationniste, et c'est avec la physique qu'on fait la datation des fossiles.
9 : Au cas où tu n'aies pas compris, mes écolos rigolos sont sensés être stupides, pas être de bons écolos réfléchis.
10 : Manque d'imagination de ma part, mais c'est pas grave, c'est une caricature, c'est pas fait pour être hyper réaliste.
11 : Reprendre les argumenst des deux points précédents.
12 : Tout le monde est différent, toi tu te fais pas avoir par le discours ambiant, eux plus que toi.
13 : Plutôt d'accord avec toi, si ce n'est que les maths peuvent quand même servir à faire des choses bien (genre l'ordinateur en face de toi), et que je ne sais pas ce que vaut La princesse de
Clèves, ni ce que Sarkozy a dit précisément dessus.
14 : C'est surtout que la bougie ça fait arriéré, mais pour moi c'est clair : une ampoule ne pollue pas, une centrale nucléaire si. Les énergies renouvelable c'est bien, et on pourrait aussi
développer des techniques pour rendre le nucléaire plus durable et plus propre, genre recycler les déchets.

Nous sommes finalement d'accord sur beaucoup de points, je trouve même que tu as un niveau de réflexion très élevé pour une écologiste. Hélas, tu confonds production et consommation, et tu
continues de mépriser tacitement les solutions technologiques, dont l'omniprésence d'un recyclage de pointe.
Maintenant, pose ton aigreur et lis attentivement. Cet été, j'ai fait un rêve où j'étais Alice au pays des merveilles, comme dans le dessin animé de Disney, et j'étais accusé au tribunal.
Autour de moi, des soldats-cartes, et perchée sur un piédestal d'une dizaine de mètres, la reine qui crie en parlant de moi : "Coupez lui la tête !".
Je dis : "Attendez, on peut régler ça autrement !
-Expliquez vous, dit le juge.
-Je vais vous donner une explication rationnelle.
"Comment partager la noix de coco entre cinq personnes ?" Et là, plus de mots, mais l'image d'un cocotier en forme de Pokémon Noadkoko et en briques Kennex qui se construit tout seul.

A toi d'interpréter. Il se peut que tu te trompes, mais moi j'ai compris.


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  • : L'étoile du marin, site web de Corentin CHAROUSSET
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  • : Sciences humaines, exactes ou naturelles, philosophie, politique, arts... Je vous emmène sur les flots dans un voyage aux mille escales, avec toujours le même objectif dans la longue-vue : l'étoile du marin, ou l'idéal qui anime l'homme qui a de l'espoir.
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