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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 01:50

D'office se pose le problème de savoir ce que pensait vraiment Nietzsche, la pensée de cet auteur n'étant vraiment pas interprétée de la même façon selon les personnes.


I Ce sur quoi on peut être d'accord sur les écrits de Nietzsche

II Qui est le surhomme nietzschéen ?

III Rétrospective sur ma vision de Nietzsche


I Ce sur quoi on peut être d'accord sur les écrits de Nietzsche


Je parle bien ici des écrits de Nietzsche et non pas de ses pensées, car c'est les écrits qu'on a retenus, écrits qui d'ailleurs ont été réécrits par sa soeur, vive le sens épistémologique au sein de la famille ! Par abus de langage, je ferai comme si c'était bien sa pensée à lui qui nous est parvenue.

Bon, ce sur quoi on peut être d'accord :


-style poétique

-remise en question de nombreuses valeurs

-individualiste

-mépris des femmes

-mépris des faibles


Bon, on y va ?


II Qui est le surhomme nietzschéen ?


Dans le début d'Ainsi parlait Zarathoustra, le soi-disant Zarathoustra, porte-parole de Nietzsche, dit à la foule:


« Je vous enseigne le surhumain. »

« Le singe, qu'est-il pour l'homme ? Dérision ou honte douloureuse. Tel sera l'homme pour le surhumain : dérision ou honte douloureuse. »


Rien que là ça commence à m'énerver parce que ça dit que les singes doivent avoir honte d'être moins intelligents que les hommes, et je sais pertinemment qu'il ne faut pas juger les êtres à leur intelligence, ou plus généralement, à leur force. Explication :


Intelligent et gentil : agit bien, et le fait même très bien car il sait comment s'y prendre.

Intelligent et méchant : agit mal, et le fait même très mal car son intelligence le rend plus puissant.

Bête et gentil : peut se faire manipuler par des gens plus intelligents, qu'ils soient gentils ou méchants, et agit bien avec les autres lorsque la relation est simple et directe.

Bête et méchant : peut se faire manipuler par des gens intelligents, qu'ils soient gentils ou méchants, et agit mal avec les autres lorsque la relation est simple et directe.


On peut me reprocher d'être trop schématique, mais ces catégories sont à prendre comme des modèles idéaux en physique : l'expérience ne colle jamais complètement, mais ça permet de se faire une idée.

Ma thèse est que l'intelligence, ou plutôt la force (au sens le plus vague possible), ne fait qu'accroître la portée des actes, en bien ou en mal. Géométriquement, la force serait la valeur absolue, et la morale le signe. [Un graphique illustratif devrait apparaître lorsqu'un bug aura été résolu.]


Bon, jusque là, on peut pas faire de jugement de valeur sur le surhomme nietzschéen. Voyons une autre citation :


« C'est l'heure du grand mépris. L'heure où vous prendrez en dégoût votre bonheur lui-même, et votre raison et votre vertu. »


Ah oui, ça choque quand même. Moi je dirais que c'est l'heure de dire deux mots à ceux qui rejettent la morale et la vérité, car c'est de cela dont il est question dans cette citation abominable.


Le bien et le mal n'existent pas ? Et si je te mets mon poing dans la gueule ? Ca fait mal ? C'est une question de culture ? C'est une illusion que m'a apprise le christianisme ?


-_- …


L'évidence. Je m'étais dit à un moment que le bien et le mal avaient été créés pour que des chefs nous contrôlent plus facilement. Mais quand même, y a un truc.

L'évidence. Boire un chocolat chaud quand il fait froid, manger une raclette dans une ambiance conviviale, ça fait du bien. Se prendre un coup de poing dans la gueule, ça fait mal. Somme toute, c'est ça le bien et le mal.

On me reprochera d'oublier que ce qui procure des bonnes et mauvaises sensations diffère selon les personnes, jusqu'à être parfois contradictoire. Je pense que si on est le plus naturel possible, le moins tordu, on peut déjà arriver à se mettre d'accord sur une base qui dépasse les cultures : la nature humaine. Mais reste une question délicate : doit-on se soumettre à tous les caprices ? Je dirais que non, mais c'est malheureusement en contradiction avec ce qui va suivre sur la morale et la vérité.


La vérité n'existe pas ? Très bien. Tu vois les lettres sur mon site ? Elle sont toutes en forme de Lune. Elles ne sont pas écrites en alphabet français. Ben quoi, c'est pas faux, rien n'est vrai et rien n'est faux, donc tout est possible !


-_- … Exit.


L'évidence. La vérité existe. Mais il faudrait plus le voir comme un ordre : « C'est plus vrai que... » voudrait dire « Cette affirmation se rapproche mieux de la réalité que celle là. ». C'est pour ça que le monocle de vérité dans Zelda Ocarina of Time porte très bien son nom. C'est pas pompeux. Mais plutôt que de demander ce que c'est, allez donc y jouer et traverser le temple de l'obscurité à l'aveuglette, vous comprendrez.


Le savoir c'est le pouvoir, la connaissance c'est la science. Ceux qui possèdent la vérité deviennent par là plus forts s'ils s'en servent. Mais elle doit toujours servir à faire le bien ; évidemment, par définition, le bien, c'est ce qu'il faut faire. Mais qu'il faut faire pour quoi ? Le but ultime : le plaisir, la joie, les bonnes sensations sous toutes leurs formes. A vrai dire, tout le reste, le communisme, le révolution, la grève générale, les manifestations, les partis, les syndicats, la sensation d'évasion (« liberté » si ça vous parle mieux), l'égalité, la fraternité, tout ça ne sont que des moyens pour y parvenir.


Je signale aussi que dans quasiment chaque phrase, on utilise des mots qui supposent l'existence du vrai et du faux, comme « oui », « non », « pas », « donc », « et », « ou »... (Voir aussi l'article « Un peu de logique », dans la catégorie Sciences.)


Pour en revenir à la citation, on voit là un mépris du bonheur et de la raison, et donc du bien et de la vérité. Pourtant plus bas...


« L'heure où vous direz : Qu'importe ma raison ! A-t-elle faim de savoir, comme le lion a faim de patûre ? Elle n'est que misère, fange, et pitoyable suffisance. »


Et il a l'air de prôner la soif de connaissance ? Contradiction. Mais la contradiction n'est pas un problème pour Nietzsche, lui qui méprise tant la vérité. A lire le livre, assurément, on voit qu'il était fou. Complètement cinglé.


Oh et je vous épargne d'autres phrases horribles, pas le temps pour ça.


Je vous laisse découvrir le reste par vous même en lisant Ainsi parlait Zarathoustra. Je dirai pour ma part que le surhomme nietzschéen est l'idéal exhalté de la pensée de la droite, qui se résume plutôt bien dans cette phrase dite par un vigile à des étudiants contre les réformes de Sarkozy :

« Dans le monde y a les forts et y a les faibles, les forts c'est ceux qui travaillent et qui réussissent parce qu'ils le méritent, et les faibles c'est les gens comme vous et il faut les écraser ! ». Nietzsche fait encore pire en ne prenant que la « quintessence » : il enlève l'aspect du mérite. C'est plutôt « Le pouvoir ! Le pouvoir pour le pouvoir ! ». Pas étonnant qu'il prenne comme exemple de surhomme Napoléon Bonaparte...


Chose curieuse, l'explication chrétienne selon laquelle Nietzsche est un envoyé du Diable, avec à peu près tout ce qu'il y a derrière, colle énormément avec la réalité. A vrai dire le surhomme ressemble beaucoup au personnage de Nébilim dans Tales of Symphonia (voir articles dans catégorie Jeux-vidéo) : un monstre surpuissant et sans pitié. Tiens, d'ailleurs...


« Qu'importe ma pitié ? La pitié n'est-elle pas la croix où l'on cloue les hommes ? Or la pitié ne m'a pas encore crucifié. »


J'ai pas compris les deux dernières phrases, mais je crois avoir compris la première ! … :-(|


III Rétrospective sur ma vision de Nietzsche


La pensée de Nietzsche est très riche, aussi ne dirais-je pas tout ce qu'il y a à dire dessus.

Au départ, je ne le trouvais ni bon ni mauvais. Puis j'ai entendu des échos sombres, des horreurs sur le surhomme, génie très intelligent, mais mauvais. Je me suis mis à avoir une vision plutôt négative de la personne : un type qui veut tout casser, même les notions de morale et de vérité ? N'est-ce pas instiller le doute, un doute non pas constructif mais « dépressif », pour mieux assoir une nouvelle vérité ? Dire tout et son contraire comme dans 1984 de George Orwell, jusqu'à abrutir monstrueusement l'humanité ?


Abrutir ? Il paraît que ça veut dire « transformer en bête ». Mais il y a une nuance importante à remarquer.


Nous sommes tous des bêtes ! Tout pour nous se ramène à des choses basiques comme manger, uriner, la totalité, l'existence, communiquer, se déplacer, être en bonne santé... (Voir article « La loi de la stabilité ».) Ni les ministères, ni les matières scolaires, ni les sciences, ni même (et encore moins !) les mathématiques, n'y échappent. Si la pensée de Nietzsche est si riche et partant tous azimuts, c'est probablement, parce que tel un jeune enfant, il est resté très près de ces choses basiques, et qu'il n'a pas construit dans une seule direction. Mais pourtant, à lire les cent premières pages du livre, j'y ai senti le mal. Nietzsche est une bête, ça c'est sûr, mais c'est une sale bête ! Et aux sales bêtes s'opposeront les braves bêtes, dont celle ci qui n'a guère trouvé qu'un nom générique : Bête spatio-temporelle !

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Published by Bête spatio-temporelle - dans Philosophie
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commentaires

Bête spatio-temporelle 14/01/2010 11:23


"La pitié ne m'a pas encore cruxifié." : cette phrase ne veut rien dire, car la pitié ne peut pas cruxifier. Ce sont les hommes qui peuvent remplir ce rôle, ou encore des machines. Et puis même en
essayant de comprendre la métaphore, je ne vois vraiment pas le rapport avec ta traduction. A force de relire des phrases sans arriver à les comprendre, je me suis dit "Oh et de toute façon il a
qu'à être plus clair, et plus en plus il rejette la notion de vérité, donc qu'importe si je me trompe sur l'interprétation, je reste dans son mode de pensée."

Pour la philosophie, je crois au contraire qu'elle DOIT apporter les réponses, qui nous serviront de motivations. Il nous faut de bonnes motivations, et si on n'apporte aucune motivation, c'est
juste de la masturbation intellectuelle qui laisse la réputation de cette matière toujours aussi bas, m'enfin j'ai envie de dire, "On a ce qu'on sème.".

Me conseiller d'être vivant ? Vision assez négative de la vie quand on voit qu'il justifie la guerre... M'enfin, je suis pas mécontent de me battre comme une bête contre cette histoire de surhomme
nietzschéen et la volonté de puissance, en tout cas sur la façon dont les pires éléments de la droite s'en inspirent : "Le bien et le mal n'existent pas. Il n'y a que le pouvoir", aucune pitié, du
mépris, de la haine, une utilisation méchamment opportuniste du doute, de la remise en question et de la notion de vérité... Quant aux combats que je mène, il faut bien que je me rappelle qu'une
fois l'ennemi mis hors combat, il faut passer à la paix. Dur dur...

La nature humaine ? Je trouve ta définition trop restrictive. Quand tu as quelque chose en face de toi, quasiment tout le temps et du premier coup, tu sais si ce truc est un être humain ou pas.
Après pour connaître les détails, c'est plus difficile : a-t-on vraiment une tendance naturelle à apprécier ceux qui sont phénotypiquement plus proches de nous ? La mère a-t-elle vraiment un
instinct maternel plus fort que ce que pourrait ressentir le père ? A-t-on tous peur de ce qui est "différent" ?

Nietzsche ne fait que nous dire qu'il faut savoir remettre les choses en question ? Mais plein d'autres l'ont fait avant lui, et bien mieux ! Je trouve d'ailleurs qu'à chaue fois que Nietzsche dit
quelque chose de bien, d'autres l'avaient déjà fait avant lui en mieux. Pour ce qui est de la remise en question, je penche plutôt pour une pensée des Lumières quelque peu ajustée.

Et Nietzsche ne dit pas "Soyez méchants, les gars.", mais il dit qu'il faut se trouver un ennemi, et qu'il faut faire la guerre. Et c'est sûrement pas pour une bonne cause.

Sinon Balqama, je trouve que nous sommes globalement d'accord dans la pratique, mais que c'est dans la théorie où on diverge. Nietzschéenne croyante mais pas très pratiquante ! ^^


Bête spatio-temporelle 14/01/2010 10:56


OK, je vais répondre correctement au commentaire de Balqama.

D'emblée se pose la question de savoir si le seul livre que la soeur de Nietzsche a réécrit est Ainsi parlait Zarathoustra. Mais dans le fond, je me moque de savoir qui l'a écrit, ce sont les idées
qui m'intéressent.
La première partie n'est pas provocatrice, j'ai juste essayé de dire ce sur quoi tout le monde était d'accord à propos de Nietzsche. Et bien sûr, je ne connais pas tout le monde... Je suis allé un
peu vite.

Pour intelligent/bête gentil/méchant, je parlais d'un côté de psychologie, et un peu de morale aussi. Et je me moque que ce ne soit pas de la physique : tout est lié ! Il faut savoir faire sauter
les cloisons ! Le point commun avec la physique, c'est qu'on veut mettre les choses au clair pour obtenir des informations, mais que le modèle, étant idéal, ne fait qu'approcher la réalité. En tout
cas je trouve confirmé par l'expérience ce que j'ai dit sur les quatre catégories.

Le rapport faibles/forts nietzschéen incompris : tu as raison, il juge cela sur la force d'un individu à être intègre, en tout cas, à savoir remettre les choses en question. Il en reste tout de
même qu'avec cette définition, certains forts peuvent être des monstres.

Refuser les notions de bien de mal pour les remplacer par bon et mauvais ? La différence est minime, quasi-inexistante. Je ne vois pas l'intérêt de faire ce changement de vocabulaire. La notion de
partie permet déjà d'avoir une certaine souplesse, si c'est les barrières qui te gênent.

Nietzsche qui prône de nouvelles valeurs, tu dis bien ça parce que tu as un bon fond (et aussi parce que c'est vrai, mais c'est pas tout le monde qui peut le voir).

Prendre en dégoûty le bonheur, la raison et la vertu parce que c'est la norme ? C'est bien là la mentalité des adolescents qui jouent les rebelles juste pour jouer les rebelles, sans aucune
réflexion derrière, alors qu'on devrait devenir rebelle par contrainte en essayant de faire les choses bien. Et c'est aussi ce monde qui nous y contraint.

Si tu rejettes la vérité, lorsque tu dis "Je la rejette oui.", c'est comme si tu disais "Je ne la rejette pas.". Tu peux tout de suite te mettre à parler par onomatopées et borborygmes si tu penses
que la vérité n'existe pas. Et c'est ça le stade 3 de l'aumotide.

[La suite...]


TDG 14/01/2010 00:16


...arf, je vois que Nietzsche ne te plait définitivement pas, malgré tes efforts d'objectivité...j'approuve ta camarade sur la quasi-totalité de son post, et je pense que tu devrais te vider
complètement de tes préjugés sur cet auteur et tenter de le relire, histoire d'être sûr que tu n'as commis aucune erreur manifeste de compréhension (mais je conçois parfaitement que tu n'aimes pas
la philosophie de cet auteur, personnellement Marx me donne des boutons, et j'ai beau le lire et le relire en toute objectivité, ses écrits ne rendent nauséeux...)...


Bête spatio-temporelle 11/01/2010 01:04


J'ai bien essayé de sortir des arguments, mais c'est avec mes tripes que je peux pas le piffrer cet enculé. Et maintenant que j'ai vu "Avatar" en 3D et qu'il est minuit passé, je risque pas de
faire plus posé, m'enfin quelques choses à dire tout de même.

Tu es trop gentille pour ne pas voir que Nietzsche a un mauvais fond. M'enfin, c'est peut-être moi qui suis trop méchant pour le voir ainsi ; après tout, plus une personne est mauvaise, plus elle
verra les autres mauvais, et plus elle est bonne, plus elle verra les autres bonnes, n'est-ce pas ?

Si j'ai lu "Ainsi parlait Zarathoustra", c'était justement pour donner une chance à ce philosophe de me convaincre qu'il avait raison, ou plutôt, que sa façon de pensée, "ça va". Le livre ne m'a
que convaincu du contraire, m'a dégoûté et choqué quasiment à chaque page, pourtant j'essayais d'être ouvert et d'être en mode "J'ai aucun principe.". Rien à faire, ce qu'il dit est encore plus
abscons que les posts que j'ai faits à son sujet, et puis ça se contredit, et puis ça accumule les preuves que ce type était un cinglé complètement déséquilibré et tourné vers la haine et la
destruction. Non, rien à faire, sa folie je n'en veux pas. Il te plaît probablement parce que lui aussi il est tous azimuts, "Hunting high and low" (cf le clip de Stratovarius sur Youtube ^^), et
aussi parce que t'es vraiment trop cool. Nietzsche repris par toi finit toujours du bon côté, c'est un peu comme la Bible où chacun interprête différemment selon son tempérament, quand on est
poussé par l'amour, ya rien à faire, quand on est poussé par l'extrémisme ou la peur, y a rien à faire. En tout cas moi je t'aime bien ;-)


Balqama 10/01/2010 13:42


Alors, on a peur du grand méchant Nietzsche ?


Puisque tu aimes ce qui est académique et en plusieurs parties bien distinctes, il y aura deux parties dans me critique de ton article (je me suis bien amusée à le lire).


Les faiblesses méthodologiques

Réécriture par la soeur : faux, seul un des bouquins à subi ce sort.
"Je ferai comme si c'était sa pensée" : quelle brillante démarche d'analyse ! Sa soeur appartenait au parti nazi, ce n'est pas le cas de Nietzsche. Ce sont deux personnes distinctes : Nietzsche
était philosophe et ce n'est pas à ce que je sache le cas de la soeurette.
Ta première partie : provocatrice et non-argumentée : mépris des femmes (très facile, je me demande presque après notre petite discussion au téléphone l'autre jour si tu n'écris pas ça pour me
faire réagir moi ou quelqu'un d'autre. Un « lâche tes coms » aurait peut-être été plus malin).
Effectivement je te reproche ta schématisation :
"On peut me reprocher d'être trop schématique, mais ces catégories sont à prendre comme des modèles idéaux en physique : l'expérience ne colle jamais complètement, mais ça permet de se faire une
idée." : décide toi, tu nous parles de physique ou de philosophie (sociologie) ? Le mélange des deux est assez has-been.
De gros problèmes de définitions : le rapport faibles / forts nietzschéen incompris, l'utilisation très dangereuse de la notion de « nature humaine » qui n'est pas expliquée …
Des passages mal expliqués voire incompréhensibles.


Les faiblesses de ta réflexion

Tu te méprends, je crois, sur ce que Kant avait déjà expliqué au XVIIIè, la nature nous rend sujets au déterminisme mais en tant qu'êtres humains, nous avons accès au libre-arbitre par la pensée.
On voit ton erreur ici par exemple : "Le bien et le mal n'existent pas ? Et si je te mets mon poing dans la gueule ? Ca fait mal ? C'est une question de culture ? C'est une illusion que m'a apprise
le christianisme ?". C'est pour ça que Nietzsche refuse les acceptions de bien et mal pour les remplacer par bon et mauvais. Bon et mauvais expriment des caractéristiques du sensible. Bien et mal
sont des limites dans l'esprit, c'est la conceptualisation de ce qui est bon et de ce qui est mal. Cela pose des barrières.

Cette même citation : "Le bien et le mal n'existent pas ? Et si je te mets mon poing dans la gueule ? Ca fait mal ? C'est une question de culture ? C'est une illusion que m'a apprise le
christianisme ?" m'incite à t'expliquer que, selon moi (et d'autres), Nietzsche ne prône pas un tout relativiste (ça c'est le mauvais nihiliste, celui qui n'aboutit à rien), Nietzsche propose
l'adoption de nouvelles valeurs, réfléchies et non imposées. C'est une déconstruction de ce qu'on t'a appris, une réflexion libre et individuelle, c'est la liberté. Vous prendrez en dégout votre
bonheur, votre raison, votre vertu parce qu'ils vous ont été imposés par une unique vision du monde. Une réduction du monde alors que le nombre de réalités est immense. Bien entendu, le froid sera
toujours froid, mais les interprétations qu'on peut avoir de la matière offerte par le réelle sont innombrables. La vérité ? Je la rejette oui. Mets moi ton poing dans la gueule si ça t'amuse, mais
ma subjectivité fera de cette douleur une toute autre chose que ce que toi tu en aurais fait, j'en suis sûre.

Le plus gros problème de Nietzsche selon moi, c'est son absence de réflexion pour un collectif paisible, c'est cette seule exaltation de l'individu. Ce qui est bien, c'est que ça contredit ta
citation de Sarkozy. Tu te trompes complètement dans la définition de ce qu'est le fort et ce qu'est le faible. Au contraire, pour Nietzsche, ce que Sarkozy nomme "fort", c'est le faible. Les
faibles sont ceux qui n'ont pas remis en question le système de valeurs ou qui n'ont pas réussi à recréer des valeurs après avoir détruit le système d'origine. D'ailleurs, "La pitié ne m'a pas
encore crucifié" = je ne vais pas éprouver de la pitié par peur de Dieu, je vais l'éprouver si je le veux parce que je l'ai réfléchi et choisi.

Enfin, « le but ultime  est le plaisir » comme tu dis. Je crois que ça n'intéresse pas trop Nietzsche de dire aux autres ce qui doit diriger leur vie. Et que ça n'intéresse pas
vraiment un philosophe en général (ne dit-on pas que la philosophie pose les question, propose mais n'impose jamais les réponses ?). Je crois que Nietzsche te conseillera seulement d'être vivant.
Comme la plupart des autres philosophes. Etre vivant en étant humain, en se servant de l'ontologie. Et pour moi, comme je crois pour lui, être humain c'est réfléchir et ne pas se laisser imposer
une vérité extérieure à soi. C'est ici la définition de la nature humaine que tu as oubliée de donner. Je prends des pincettes, mais c'est ce qu'on m'a appris et c'est ce avec quoi j'ai été
d'accord quand je l'ai réfléchi, la nature humaine, le dénominateur commun, c'est le processus de réflexion. Nietzsche met en garde contre ces valeurs antérieures et extérieures à soi qui limitent
ce processus, cette affirmation de soi en tant qu'humain vivant. C'est tout.

Et il ne dit pas « soyez méchants, les gars ».


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