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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 14:34

[Mise à jour 18/2/2011 : j'ai synthétisé la partie IV qui était pas terrible telle qu'elle était.]

 

Depuis le temps que ce blog existe, je suis étonné de constater qu'il n'y avait encore aucun article sur le communisme. Désormais, c'est chose faite.

Il y a deux définitions principales du communisme : l'une théorique, l'une pratique. Avant de discuter de l'intérêt de chacune d'entre elle, je me dois de déconstruire un certain nombre de préjugés.

I Préjugés fréquents sur le communisme
II Le communisme : un modèle de société
III Le communisme : un mouvement perpétuel dans le sens du progrès
IV Voir un peu ce que ça donnerait dans la vie de tous les jours

I Préjugés fréquents sur le communisme

"Le communisme c'est de la merde, on a bien vu ce que ça donne avec les goulags, la dictature à Cuba et dans les pays de l'Est..."

Ni l'URSS de Staline, ni la dictature cubaine de Fidel Castro, ni la Chine, que ce soit celle de Mao ou celle d'aujourd'hui, ne sont des sociétés communistes. Qu'est-ce qu'une société communiste ? C'est une société dans laquelle les classes sociales ont fusionné pour donner une seule classe sociale, travailleuse. Aujourd'hui, je revois un peu cette définition à la hausse en y rajoutant le fait que c'est une société démocratique, c'est-à-dire où les décisions sur l'ensemble de la société sont prises par le peuple.  (Un certain nombre de personnes y ajoutent même que les échanges économiques se feraient sans argent, je discuterai ce point dans la deuxième partie.)

Je ne pense pas qu'une société sans distinctions de classes sociales, et démocratique, ce soit de la merde. Car tant qu'il y aura des classes sociales, il y aura de l'injustice ; car si elles disparaissent, bon nombre d'injustices disparaissent avec. L'Apartheid n'était-elle pas une forme de distinctions de classes basée sur la couleur de peau ? Le système salarial, qui autorise le chef d'une entreprise à prendre bien plus d'argent des ventes que les autres travailleurs, ce même système qui fait la misère des ouvriers Chinois et qui fait fermer des usines en Europe pour aller encore plus exploiter ces Chinois, n'est-il pas basé sur une distinction de classes sociales ? Et que dire des esclaves et des maîtres, des serfs et des seigneurs ? Les paysans du Moyen-Âge étaient-ils heureux de se voir piller le fruit de leur travail par leur seigneur ?

 whites only
Le genre de choses sur lesquelles peuvent déboucher les distinctions de classe sociale. Et encore, ça c'est qu'un panneau...

Quant à la démocratie, c'est toujours mieux que le système capitaliste actuel : en France, il est aujourd'hui flagrant que le pouvoir en place ne représente pas le peuple. Sarkozy et ses copains n'en font plus qu'à leur tête, et plonger la France entière dans la misère et la déchéance, visblement, ça leur fait pas peur.

L'URSS était un régime stalinien, pas communiste. Des sociétés communistes ont déjà existé, mais à petite échelle, chez certaines tribus amérindiennes notamment (1). Karl Marx pensait qu'avant la civilisation, il y avait un communisme primitif ; peut-être s'est-il inspiré de ces tribus au fonctionnement démocratique. Une chose est sûre : si le communisme a existé, ce n'était sûrement pas l'URSS de Staline, ni la Chine de Mao, ni aucune dictature que ce soit.

 
tanks tien an men

Lorsque des hommes écrasent leurs semblables avec des tanks, comme ce fut le cas lors des protestations en Chine à Pékin, en 1989, sur la place de Tien An Men, il est clair qu'une minorité de la population est privilégiée. Après tout, l'armée chinoise n'avait visiblement pas l'intention de protéger son peuple, et on sait bien qu'une fraction dominante la contrôlait. La Chine, un pays communiste ? Non mais c'est une blague...
 
"De toute façon, le communisme c'est une utopie, on peut pas y arriver."

Et pourquoi on pourrait pas y arriver ?

A cette question, une doctorante à Sciences Po m'a répondu : "Je sais pas." (Ha ! ha ! ha !) Au moins, elle était honnête.

Une réponse classique est la suivante :

"L'homme est trop mauvais, on pourra jamais y arriver, c'est trop dur, j'abandonne."

L'homme est trop mauvais ? Je ne pense pas. Il y a des gens bien, il y a des connards aussi. Que chacun fasse ses propres statistiques avec les gens de son entourage. Mais qu'on garde bien une chose en tête : de façon schématique, les gens gentils auront tendance à voir des gens gentils partout, et les gens méchants auront tendance à voir des gens méchants partout. Et puis au pire, on s'en fout : il faut faire disparaître les distinctions de classes sociales, et toutes les injustices qui en découlent.

Si 100 % des êtres humains dans le monde le veulent, a priori, le communisme devrait pouvoir se mettre en place. Quand on veut, on peut.

"Il ne peut pas y avoir de liberté et d'égalité en même temps."

Et pourquoi donc je vous prie ? Lorsqu'un chef impose des horaires de travail et des salaires de misère, lorsque les travailleurs y perdent à la fois du temps et de l'argent, le nombre de choix qui s'offrent à eux diminue, et pas qu'un peu. Impossible de partir en voyage sur un autre continent, impossible de s'occuper vraiment de ses enfants, parce que ça ça prend beaucoup de temps, impossible de partir en vacances... A partir du moment où une autorité a le droit de faire ce qu'elle veut, il y a toutes les chances qu'elle impose des contraintes à ceux qu'elle domine. De façon grossière, on pourrait résumer en disant qu'il n'y a pas de liberté sans égalité. Au passage, si jamais vous entendez quelqu'un dire que la liberté et l'égalité sont incompatibles, logiquement, il devrait être contre la devise de la République française "Liberté Egalité Fraternité", celle qui fut imposée par les insurgés de la révolution de 1848... et non pas un quelconque artifice créé par la bourgeoisie pour mieux nous dominer (y en a qui pensent ça).

II Le communisme : un modèle de société

Dans cette partie, je vais essayer de montrer à quoi pourrait ressembler une société communiste à l'échelle mondiale.

Mais d'abord, une question : dans le communisme, est-ce qu'il peut y avoir de l'argent ?

Je me suis rendu compte qu'en étudiant cette question, même moi je comprenais plus très bien ce que j'écrivais, du coup je me suis dit "Ben on va mettre des maths alors", pour que ce soit plus simple. Que ceux qui n'aiment pas les maths ne prennent pas peur, rassurez vous, tout sera plus clair de cette manière.

 

>Supposons que la société mondiale soit communiste.

>Supposons que l'argent existe.

>Supposons qu'il existe dans le monde N regroupements de personnes, tel que chaque regroupement de personnes est un groupe de travail organisé, dans un ou plusieurs domaines.

*Par commodité de langage, on nommera ce type de regroupement "entreprise".

 

Montrons que pour toute entreprise, il n'y a pas de hiérarchie. On procédera avec un raisonnement par l'absurde.

 

Soit E une entreprise.

La société mondiale est communiste,

donc (définition communisme) la société mondiale est démocratique,

donc (définition démocratie) le peuple a le pouvoir.

>Supposons qu'il y ait une hiérarchie dans l'entreprise.

Par définition de la hiérarchie, il existe une partie (qu'on supposera minoritaire dans ce problème) qui a un pouvoir sur les autres,
or le peuple a le pouvoir et le peuple est majoritaire,

donc la partie des membres de E qui ont le pouvoir est majoitaire ET minoritaire.

Contradiction.

Ainsi, pour toute entreprise, il n'y a pas de hiérarchie.

Critiques :

-Parler du "peuple d'une entreprise", c'est un peu limite, pourtant c'est ce que j'ai fait ici.

-Je ne vois pas pourquoi la hiérarchie se manifesterait forcément par une minorité de chefs.

-On a supposé que si la société mondiale est démocratique, alors chaque entreprise est démocratique, ce qui mériterait de plus amples explications.



>1er cas : chaque travailleur travaille, produit quelque chose (bien ou service), et vend le produit de son travail au prix qu'il veut.



Intéressons nous à une entreprise en particulier, que l'on notera ENT.

>Supposons que son domaine de travail soit la fabrication de chaussures.

>Suposons qu'elle comprend n membres.

>Choisissons deux de ces membres, et notons les A et B.

>Supposons que A et B produisent tous les deux le même modèle de chaussures, que A produit une paire en 2h et que B produit une paire en 4h.

*Ce genre de choses est assez réaliste, en effet, on ne travaille pas tous au même rythme, une telle différence de productivité d'un facteur 2 doit bien exister.



-> Si A aime avoir plus de temps libre, il pourra travailler deux fois moins que B, et gagner autant d'argent.

Illustration : A et B vendent tous les deux leurs paires de chaussures à 100$ l'unité. Si A travaille 15h par semaine et B travaille 30h par semaine, cela fait grosso modo 60h de travail par mois pour A et 120h de travail par mois pour B. En supposant que A et B vendent toutes leurs chaussures immédiatement, A et B vendent tous les deux 30 chaussures par mois, ce qui leur confère un revenu de 3000$ par mois (30x100$=3000$). Au final, A et B gagnent tous les deux autant d'argent, mais A travaille 15h de moins par semaine que B. Faudrait peut-être que A explique à B comment il fait...


-> Si A aime avoir plus d'argent (peu importe le motif), il pourra travailler 30h par semaine, vendre ses paires de chaussures à 80$ l'unité, et inciter ses clients à acheter chez lui plutôt que chez B parce que ça fait 20$ d'économies. Il produira donc 60 paires de chaussures par mois, et pourra en tirer un revenu mensuel de 4800$, là où A gagnera au maximum 3000$ par mois, et encore, B risque de lui faire perdre des clients...


-> Si A se contente de la situation actuelle, les choses peuvent rester ainsi.

 

Essayons de généraliser. Il y a plusieurs possibilités :

 

-Soit cette paire de chaussures vaut 100$ partout, tout le temps. Ceci se rattache avec la règle selon laquelle chaque objet a une valeur intrinsèque : un kilo de pommes de terres rattes vaut tant d'argent, partout, tout le temps, un stylo bleu de tel modèle vaut tant d'argent, partout, tout le temps.
-Soit les travailleurs les plus productifs apprennent aux autres à atteindre leur niveau de productivité.
-Soit émerge une concurrence généralisée entre tous les travailleurs, une compétition où c'est un peu comme si chaque individu était un capitaliste !
-Il y a bien sûr d'autres possibilités...

 

La plus réalistes des trois possibilités évoquées, à mon sens, c'est la troisième.

La deuxième demande du temps pour se mettre en place, de gros investissments dans l'éducation ; si l'objectif est que tout le monde ait la productivité maximale, étant donné les différences d'habilité, de musculature, de rapidité de compréhension, etc, etc, qu'il y a entre chacun, cet objectif me semble hors de portée.

La première suppose que chaque objet à un moment donné a une valeur intrinsèque (un Big Mac par exemple), or c'est mépriser sa valeur réelle, qui est celle de l'effort de travail qui a été fourni pour le fabriquer.

Car c'est bien un peu là-dessus que se juge la valeur marchande d'un objet : l'effort de travail qui a été fait pour le fabriquer.

Et non pas l'utilité : ce n'est pas parce qu'un objet est très utile qu'il vaut cher : on le voit déjà aujourd'hui, l'eau est un bien très utile (si t'en as pas, tu meurs !), une voiture, c'est déjà moins utile, pourtant ça coûte plus cher.

Cette première possibilité, avec ses équivalences strictes, me semble aussi irréaliste avec toutes les différences entre les capacités des travailleurs, la qualité des matières premières, les sols et les intempéries (pour la nourriture notamment)... Pour y arriver, il faudrait trouver nombre de règles de correction, à supposer que ces règles puissent exister, et les appliquer de manière zêlée.

 

Le fait que chacun pense un peu à soi ("Oh, 80$ au lieu de 100... Je pourrai acheter un bouquet de fleurs à Marie, elle sera contente.") mène assez vite à une concurrence entre les travailleurs. Et puis franchement, vous croyez franchement qu'on peut fabriquer une paire de chaussures tout seul ? Il faut bien acheter les matériaux, cuir, synthétique, tissu, et là aussi, le petit côté radin de tout un chacun peut jouer, s'accumuler avec la chaîne de production, et au final on risque de tous s'auto-exploiter, ou alors de passer à un autre mode de fonctionnement.

 
En restant dans l'hypothèse où l'argent existe mais en supprimant l'hypothèse selon laquelle chacun choisit le prix de vente de son produit, on supposera tout naturellement que chacun gagne le même revenu, partout, tout le temps. Disons, arbitrairement, 3000$ par personne et par mois.


Un certain nombre de problèmes se posent :


-Si l'entreprise ne vend pas assez pour que chacun puisse avoir ses 3000$ annuels, on brise la règle là ? Du coup on fait comment ?

-Si l'entreprise vend tellement que même en faisant des investissements, y a de l'argent en trop, c'est un peu chiant, ça fait toujours de l'argent en moins pour les autres... De l'argent qui circule pas, un peu comme si il existait pas.


Un autre problème se pose autour de la notion de pouvoir d'achat.

Le pouvoir d'achat, c'est ce qu'on peut acheter avec ce qu'on gagne. Si on gagne rien, on a aucun pouvoir d'achat (ou alors faut avoir des réserves...). Si on gagne beaucoup, on peut acheter plein de trucs différents.

En France, actuellement, quelqu'un qui gagne 600€ par mois a un plus faible pouvoir d'achat que quelqu'un qui gagne 2500€ par mois, et ça se sent sur le mode de vie !

Si les salaires d'un pays sont constants, et que le prix de la vie augmente, alors le pouvoir d'achat baisse : c'est un peu ce qui se passe ici... Si ça va trop loin, c'est un coup à nous mettre dans la misère, et qualifier la France de "pays riche" pourra alors sembler une grosse blague.


Revenons à nos moutons.

-Si la quantité d'argent mondiale est trop faible, il n'y en aura jamais assez pour tout le monde. Vous imaginez vivre dans un monde comme maintenant, avec les mêmes prix, mais où seuls 300$ circulent de par le monde ? Weuh ! J'ai trouvé un cent, j'suis trop fort ! Hein ? Euh ? *Spoouik !!* [une grosse tache de sang faite par une personne visiblement très, très jalouse]. Non sérieux, c'est pas tenable.

-Si la quantité d'argent mondiale est trop haute, il est possible que certains se reposent sur le fait qu'ils ont plein d'argent et qu'ils peuvent acheter plein de trucs (comme tout le monde), et qu'ils se mettent à travailler vachement moins, voire pas du tout. Il pourront aussi demander de l'argent aux autres (T'as vu tout ce que t'as ! Tu peux bien m'en passer un peu !), je vois pas pourquoi les autres refuseraient tellement ils en ont, le risque dans cette histoire, c'est qu'il y ait tellement de fainéants qu'on n'arrive même plus à créer ce dont on a vraiment besoin, comme la nourriture, les logements, leur entretien...


Que ce soit dans ce dernier cas ou dans celui où on apprend aux travailleurs les moins productifs à travailler mieux, la tolérance peut toujours aider. Mais là encore se pose le problème du prix d'un objet : si le prix d'un objet correspond au travail fourni pour le créer, bon nombre d'objets, semblables à d'autres mais avec un moins bon rapport qualité/prix (exemple : des haricots), seront délaissés, et probablement destinés à la déchetterie avant même d'avoir été utilisés. Chacun pourrait toujours faire l'effort d'acheter des objets plus chers ou de moins de bonne qualité de temps à autres, mais ça commence par devenir vraiment prise de tête cette histoire. Donner à chacun un salaire identique, alors que les capacités de chacun sont très différentes et qu'on n'est pas des robots qui vont travailler X heures à la minute près en un mois, ça peut en gêner certains, d'autres peuvent tolérer, mais c'est quand même bien prise de tête cette histoire.

 

En fait, la solution la plus simple, et probablement la plus réaliste vu ce que je viens de dire, c'est qu'on supprime l'intermédiaire de l'argent dans les échanges de biens (ou services, d'ailleurs). Ou plutôt, que l'on supprime la valeur marchande, cette notion d'équivalence qui peut poser des règles très strictes. Il me semble plus facile pour l'humanité que chacun apprenne à ne pas se faire arnaquer (parce que c'est un peu le but) plutôt que de respecter tout un tas de règles pointilleuses, et en plus, il faudrait déjà qu'elles soient bonnes, ces règles.

 

De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins : chacun offre ce qu'il peut aux autres, et peut profiter de ce que peuvent faire tous les autres.

 

Je ne vois pas le communisme comme un régime où on forcerait 100% des êtres humains à travailler quitte à pouser les plus fainéants à la tâche avec des moyens pas très... respectueux. Des fainéants, quand il y a un peu, ça va, mais quand il y a tellement qu'on a même plus de quoi se mettre sous la dent, là ça devient problématique. Quant aux parasites les plus malins, je les vois comme une minorité qu'il faudra mater avant qu'elle ne nous ponde un énième système avec une classe dominante et une classe dominée.

Chez certaines tribus Amérindiennes, il était très rare qu'une personne tue une autre. Les fois où ça arrivait, la personne avait tellement honte qu'elle fuyait du campement, on l'abbatait d'une flèche dans le dos et on n'en parlait plus. Mais c'était vraiment très rare.

Quitte à finir la partie théorique, je voudrais faire partager un certain nombre de schémas que j'ai pu voir en cours d'Histoire-Géo en 6ème (sauf le dernier ^^)

Il s'agit d'expliquer un peu les différentes sortes de régimes politiques.
 

schema dictature
Schéma d'une dictature (2) : une seule personne a le pouvoir.

 

schema oligarchie
 Schéma d'une oligarchie (2) : une minorité de personnes a le pouvoir

 

schema democratie
Schéma d'une démocratie : tout le monde a le pouvoir.

Si l'anarchie c'est quand il n'y a pas de pouvoir, alors l'anarchie c'est ça :

 

population points 

 

Pour conclure, je dirais qu'au sens théorique, une société communiste satisfait à ces trois critères suivants :

 

-Mise en commun des moyens de production avec disparition des distinctions de classes sociales

-Fonctionnement démocratique

-Pas d'argent dans les échanges économiques

 

Evidemment, il faut pas croire que c'est la panacée et qu'on peut se permettre d'arrêter de remettre les choses en question, c'est pourquoi il existe des définitions plus... pratiques ^^

 

III Un mouvement perpétuel dans le sens du progrès

Dans L'idéologie allemande, Karl Marx a déjà donné une autre définition du communisme :

"Pour nous, le communisme n’est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’ordre des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement."

Ce paragraphe mérite d'être analysé.

"Pour nous, le communisme n’est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer."

Il est pourtant très utile d'avoir une ligne de conduite, un objectif à atteindre pour se motiver. J'en ai déjà parlé dans l'article  Il est venu le temps des grands idéaux.   où, au contraire, je dénonce le manque d'idéalisme dans nos partis politiques actuels, aujourd'hui, les partis de gauche ne savent même plus ce qu'ils veulent !
Evidemment il ne faut pas non plus crier victoire trop vite ni vouloir appliquer un programme théorique à la lettre, il faut toujours se baser sur l'expérience.

"Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’ordre des choses."

Intéressant. Il s'agit là d'une définition pratique, un peu raccourcie, où quoiqu'il arrive, on verra toujours ce qui se passe, et on fera ce qu'il y a de mieux en fonction.

La troisième phrase va plus loin encore dans la soumission au présent :

"Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement."

Donc en gros, on regarde ce qu'il se passe maintenant et on fait en fonction, juste après, sans perspective sur le long terme. A lire le texte, c'est un peu comme ça que je l'entends.

Niveau observation, ceci est une bonne chose, toutefois, c'est un coup à constater chaque jour, de pire en pire, l'état abominable de la misère du monde, et à perdre espoir.

Je pense qu'il faut savoir mettre tout ça de côté, et modeler nous même la réalité comme on l'entend. Che Guevara était asthmatique : il aurait pu se dire "Ah mais non, là je respire trop mal, j'ai des poumons mal en point, je peux pas faire du sport, j'suis tellement fatigué que j'peux même pas faire un foot, désolé les gars, je vais rester chez moi à regarder la télé", mais non, il vous voulu tirer un trait sur sa maladie, il a fait du sport, et il semblerait qu'au contraire, son asthme s'est atténué ! Moi qui croyais qu'il était impossible de faire du sport quand on est asthmatique, et ben Che Guevara il a prouvé le contraire. Waouh. (3)

Pour revenir à ce que disait Marx, je trouve louable son initiative de donner une définition pratique du communisme : elle permet de toujours se réajuster en fonction de la situation du moment, et de se distinguer d'autres alternatives au capitalisme par son idée de progrès.

IV Voir un peu ce que ça donnerait dans la vie de tous les jours

Au départ, j'avais donné toute une liste de désirs et je laissais le lecteur se rendre compte que ce serait plus facile de les réaliser dans une société communiste. Je dirais plus simplement que dans une socié idéale, la volonté des uns n'entrave pas la volonté des autres. Puissions nous joindre nos forces pour faire d'une telle société un paradis terrestre...

En conclusion, je dirais qu'il faut que nous nous battions contre l'ordre établi pour instaurer une société communiste, mais que ça se fera pas du jour au lendemain : il va falloir diffuser les idées du communisme, que petit à petit, elles s'imposent et se corrigent, et pour cela, le débat est un élément essentiel pour avancer, que chacun exprime ses idées et les confronte aux autres pourvu que ce soit fait de façon constructive. Internet est un outil qui dispose de nombre de qualités pour ce but : pourquoi ne nous en servons nous pas plus ?

 

(1) La page en Anglais de Wikipedia sur l'organisation politique des Sioux signale un fonctionnement démocratique, jusqu'à un certain point. Il avait pour but de maintenir le mode de vie de la tribu.

(2)Le livre d'Histoire-Géo parlait de monarchie et d'aristocratie, mais j'ai préféré parler, respectivement, de dictature et d'oligarchie, considérant ces termes plus généraux.

(3)Je ne suis pas un spécialiste de la biographie de Che Guevara, la phrase entre guillemets a été inventée pour donner le ton, sans chercher à savoir si Che Guevara avait accès à la télé ou pas, faut pas aller croire que Che Guevara avait une télé chez lui dans sa jeunesse, j'en sais rien moi !!

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Published by Bête spatio-temporelle - dans Philosophie
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commentaires

Bête spatio-temporelle 04/02/2011 15:46



J'ai eu la flemme de supprimer tous ces petits exemples et de résumer en disant que dans un régime communiste, la volonté des uns n'entrave pas la volonté des autres.



prout 25/01/2011 23:38



Je n'ai pas trop compris la portée argumentaire de la dernière partie. Suis-je bête ou n'as tu pas eu le courage de finir ton article?



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