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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 12:12

« C’est mal ici mais pas là-bas. »

« Chacun a son opinion, y en pas une qui vaut plus qu’une autre. »

« C’est une histoire de goût. »

« Elle aime pas les gens qui s’habillent pas en jean, tu vas pas la forcer à accepter ta présence ! »

 

J’en avais assez ras-le-bol de tous ces discours relativistes à l’eau de rose alors je me suis mis à écrire ce modeste texte. Je vous le dis d’emblée : certaines de mes affirmations sont probablement limites du point de vue de la véracité. Je vais vous parler ici de quelque chose qui se rattache à la plus grosse prise de tête que j’ai eue pour avoir une pensée unie, et je sais que je n’ai pas de philosophie bien au point là-dessus. Mais bon, des idées me paraissent intéressantes, et puis il fallait que je le pousse mon coup de gueule ! ^^ Texte un peu difficile, mais comme toujours, j’essaye de m’expliquer au mieux.

 

Le danger des discours relativistes est qu’ils privent de repères. Et que sans repères, on a droit à bien des saloperies par débordement. Au lieu de chercher une constante au delà qui serve à obtenir un absolu plus reculé, ce discours plonge dans une acceptation du réel tel qu’il est et nous transforme petit à petit en béni oui-oui. Certains discours absolutistes sont bien plus dangereux, mais comme le relativisme stupide est une tendance revenue à la mode, il fallait bien y jeter des pierres.

 

La thèse de ce texte est qu’il faut toujours se baser sur les choses les plus primitives pour juger les actes, choses et opinions. Il faut raisonner sur les sentiments les plus fondamentaux de l’être humain tout en prenant en compte la portée de ces actes, choses et opinions.

 

« C’est mal ici mais pas là-bas. »

 

Cette phrase me mettrait presque hors de moi. Elle est typique de la personne qui ne cherche pas à voir ce qu’il y a de commun aux cultures humaines pour comparer les choses sur une base solide. Elle vient d’un renoncement à se poser des questions sur la valeur des différentes cultures. Qu’est-ce qui cloche ? Elle justifie les sacrifices humains dans un contexte où c’est bien vu, elle justifie la recherche aveugle de la richesse qui sévit en France notamment, elle justifie l’élimination des juifs en Allemagne nazie, bref, elle donne raison à la pensée dominante locale quelle que soit son contenu. Et bien, voilà une attitude qui justifie le conformisme !

 

Donc on sait que dire ça mène à de mauvais résultats. Voyons si c’est faux (y a intérêt que ça le soit, vous imaginez quelque chose de vrai qui, dit en masse, aboutisse à de mauvais résultats ? Possible mais bien emmerdant.)

Ce que n’a pas vu notre bisounours n°1, c’est qu’il y a quelque chose de commun à l’humanité, une nature humaine. Les mainmains ressentent des émotions ; certaines nuisent, d’autres font du bien. A force de réfléchir, je me suis dit que la recherche du bien consiste à fournir le plus de bonnes sensations à l’humanité et à éviter les mauvaises. Evidemment, il y a des complications (qu’Epicure n’était pas assez con pour ignorer) : du bonheur à court terme peut amener un grand malheur à long terme. C’est le problème de la drogue et du lien école/emploi.

 

Du coup, ce qui est mal quelque part l’est ailleurs, et ce qui est bien quelque part l’est ailleurs aussi. Bisounours n°1, revois ta copie !

 

« Chacun a son opinion, y en a pas une qui vaut plus qu’une autre. »

 

Tiens c’est marrant, ça ressemble à ce que disaient les jésuites, à savoir que toute opinion est défendable. On connaît pourtant les clercs pour se poser comme possédant la vérité absolue d’origine divine et clamant solennellement que le reste est faux, mais là ils ont joué sur la perte de repères des gens. Peut-être que faire perdre des repères aux gens est un moyen pour leur faire rentrer les repères qu’on veut quand ils sont en crise… Repères qui ne sont pas forcément ceux qui marchent le mieux…

 

Bon, ça va être plus court pour expliquer. Remarquons que les opinions débouchent sur des actes, et qu’avec des opinions, on recouvre des actes plus ou moins bien. Entre vouloir tuer de force toutes les femmes et vouloir développer les pays du tiers-monde, y a quand même une différence de valeur, n’est-ce pas ?

 

« C’est une histoire de goût. »

 

Ah, ça… Sujet un peu plus délicat. Je vais me baser sur la musique pour faire mon raisonnement, car ça marche aussi pour le reste.

 

Tous ceux  que j’ai vu qui disent que l’appréciation à donner à une musique ne vient que du goût sont incapables de différencier les musiques par critères. Répétitivité, jeu sur le calme et la violence, réponse au chanteur, thème des paroles, notes sèches et notes coulantes… C’est pas une base de comparaison mais ça fait quand même des chose à comparer.

 

Mais alors, sur quelle base on doit comparer ? Ben sur les sensations les plus naturelles pour la forme. Une musique qui crée des émotions, une musique qui laisse des surprises, une musique qui fait allusion à un son réel, vaudra plus qu’une musique monotone et pauvre. Mais pourquoi des gens écoutent-ils beaucoup de mauvais musique ? Parce qu’on arrive à faire aimer de la merde aux gens en les conditionnant à écouter de la merde. Aussi, le fond est à prendre en compte : la portée des paroles est importante. Evidemment, une musique triste ne sera pas à écouter en période d’angoisse : il faut toujours prendre en compte tous les facteurs quand on fait un jugement, et comme il y en a tellement qu’on ne les connaît pas tous, ça complique un peu les choses. Le tout est de prendre en compte les facteurs qu’il faut quand il le faut et de se ramener à une base absolue pour trancher.

 

« Elle aime pas les gens qui s’habillent pas en jean, tu vas pas la forcer à accepter ta présence ! »

 

Alors ça c’est carrément odieux. C’est de la susceptibilité qu’on a implanté dans le cerveau des gens. Le problème des gens susceptibles, c’est qu’ils se sentent agressés pour un rien et que leur réaction est souvent bien plus violente que la réaction, du coup ce sont eux les agresseurs. On apprend aux gens à ne pas aimer !  Je crois que je n’en reviendrai toujours pas.

 

Bon, examinons ce cas à peine fictif. Ne pas s’habiller en jean ne crée pas de mauvaises sensations sur l’esprit humain qui ressent les bonnes et mauvaises sensations à l’instinct. Du coup, la petite salope normaliste dont il est question rejette quelqu’un sur un critère non valable : elle est injuste. L’attitude bassement relativiste qui consiste à justifier les caprices de chacun est une fois de plus aveugle, et quand un aveugle approche d’une falaise, il risque de tomber.

 

Un truc qui me fait bien marrer : les filles qui se sentent gênées quand on leur fait un compliment sur leur physique. Déjà, elles ne devraient pas se sentir insultées par une remarque esthétique car ce n’est pas une attaque sur la personne, mais sur son apparence, et NON, l’apparence ne révèle pas la personne. Pas autant que le penseraient les Allemands en disant « Kleiden machen Leute. » (Les habits font les gens.) en tout cas. Je le répète encore, les apparences sont parfois trompeuses, mais bien assez souvent pour nous mettre dans de grosses erreurs. Ensuite, c’est quand même aberrant de réagir ainsi quand c’est un compliment. La preuve que tout ça est encore une affaire de corruption (fait de devenir mauvais), c’est que les filles se sentent plus souvent gênées quand on leur dit qu’elles ont de beaux seins plutôt que quand elles sont mignonnes, comme quoi cette normalité sur le sexe à la con a encore fait du dégât !

 

Bonus : « C’est TA vérité ! »

 

Bon, là il faut être plus scientifique pour voir ce qui cloche. Ramenons-nous déjà à l’évidence que nous vivons dans une même réalité qui nous relie par la lumière et les yeux, les sons et les oreilles, les forces de contact… Ben la voilà la base, la réalité. Seulement, on constate que parfois on croit l’avoir atteinte, alors qu’on n’en était qu’à une approximation. En fait, il y a divers degrés de vérité, et pour prouver qu’un énoncé est plus vrai qu’un autre, il faut montrer qu’il correspond mieux à la réalité que l’autre. Et ça, ça se fait par l’expérience.

 

Nuance : les grandes extravagances

 

Que dire de ces bébés qui craignent mortellement le Soleil, des gens qui sont incapables de parler, bref, de ces spécimen qui tapent à grand coup de marteau sur le concept de nature humaine ? Ben pour en traiter, il faut juste prendre des données différentes, attachées à eux. Je dois l’avouer, il y a toujours une grande relativité, car les corps de chaque personnes sont différents et réagissent donc naturellement différemment.

 

Conclusion et autocritique

 

Ce que je veux souligner ici, c’est qu’il faut toujours chercher un absolu. Pour cela, il ne faut pas gober stupidement ce que peut dire une personne quelconque, fusse-t-elle une autorité. Il faut faire son propre jugement, à l’aide de ce que peuvent dire les autres, à la manière du scientifique. Il faut que chacun cherche les absolus par soi même pour se protéger de ceux qui voudraient leur en imposer.

 

-Oui mais Corentin, tu nous en as imposé une plâtrée d’absolus, là ! Tu fais comme ceux que tu dénigres !

 

Je vais te répondre, conscience jouant le rôle du lecteur. Je ne t’ai pas imposé tout ça, c’est toi qui le ressens ainsi. J’ai juste exposé mes convictions ainsi que le cheminement qui m’y a amené. J’estime avoir raison, tu t’en doutais bien, mais c’est à toi de construire ta pensée au delà de tous les préjugés. Si en construisant ta pensée correctement, tu arrives aux même conclusions que moi, tant mieux, ça veut dire qu’on a raison tous les deux. Si tu construis ta pensée correctement et que tu n’arrives pas aux même conclusions que moi, alors c’est que je me suis gouré et bravo pour toi. Tu ne vas quand même pas te plaindre que je t’imposes construire ta pensée correctement ?

 

-Mais en réalité, ta construction ne vient que d’une volonté de concilier ta volonté de rigueur avec celle, probablement  génétique, de te référer à des absolus !

 

Ah p’tit con, je crois que tu m’as eu là. Attends, je te renvois la balle encore plus fort. Je te mets au défi de me montrer que ma pensée est plus nocive que celle que je dénonce, en te rappelant que le doute semé par le relativisme amène les « illuminés » à imposer leurs absolus. Montre moi que j’ai tort, et je reverrai ma copie.

 

En attendant, je le dis haut et fort : doutons, mais ne nous laissons pas noyer dans l’ignorance ! Méfions-nous rationnellement des discours absolutistes comme relativistes !

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Published by Bête spatio-temporelle - dans Philosophie
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