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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 19:17

 

Ce n'est que lors des études supérieures que je me suis rendu compte à quel point les motivations pouvaient être divergentes pour ceux qui font ou qui veulent faire un métier scientifique. Essayons de lister ces différentes motivations, puis de voir quel métier correspond plus à quelles motivations.


I Les différentes motivations

II Les différents métiers


I Les différentes motivations


1- Etre paumé

2- Etre passionné

3- L'argent

4- La reconnaissance sociale

5- La curiosité

6- Le pouvoir

7- Résoudre un problème

8- Le désir d'inventer


1- Etre paumé


C'est triste à dire, et pourtant je le constate à chaque année scolaire : les élèves comme les étudiants, de façon générale, ne savent pas quoi faire, et avancent vaguement là où on les mène (voire n'avancent pas du tout). C'est ainsi qu'un bon nombre d'élèves de lycée en filière littéraire se sont retrouvé là par élimination (« J'aime pas les maths et les sciences éco c'est nul. »).

C'est ainsi que l'on peut tomber sur des enseignants-chercheurs tellement incompétents à la fois en pédagogie et en sciences qu'on se demande s'ils n'ont pas trouvé leur doctorat dans un paquet de céréales

Heureusement, on peut toujours se trouver une vraie motivation !


2- Etre passionné


Que l'on soit passionné de voitures, d'aviation, de grosses bêtes, de métaphysique ou de médicaments, être passionné dans un domaine scientifique est une motivation très forte pour se diriger vers des métiers scientifiques. A remarquer qu'il y a aussi des gens passionnés par les armes et l'armée américaine...


3- L'argent


Hélas, l'avarice motive encore beaucoup de gens à faire des métiers scientifiques. Les polytechniciens vont d'ailleurs souvent fonder une entreprise à gros profits plutôt que de travailler en tant qu'ingénieurs de production, comme c'est le cas dans certaines écoles d'ingénieurs.

Cette avarice rend ces gens là aveugles, et à vrai dire, ce ne sont plus de vrais scientifiques. Le pire arrive lorsque le « scientifique » aveuglé se met au service de la guerre : c'est alors que peuvent être développées des armes meurtrières qui tuent des innocents, détruisent des maisons, empoisonnent des champs, ou rasent une zone entière à des kilomètres à la ronde. Science et efforts de guerre ne font pas bon ménage.


4- La reconnaissance sociale


Les gens avares le sont souvent à cause de la stupide reconnaissance sociale qu'ils peuvent en tirer. Une femme ingénieur, sortie d'une école réputée, avait invité plein de gens chez elle et ils s'attroupaient autour d'elle, à poser des questions du genre « Combien tu gagnes de k euros par an ? ».


-_-


Mais cette motivation, la reconnaissance sociale, peut aussi venir d'autres choses que l'argent : cela peut-être un service rendu, ou encore être reconnu pour avoir fait une invention géniale.


5- La curiosité


La curiosité : c'est la motivation qui a poussé les plus grands scientifiques, les fondateurs comme Newton ou Lavoisier. Cette motivation se résume un peu dans la devise « Le savoir pour le savoir ». C'est ici la soif de connaissance qui anime la personne accomplissant un métier scientifique. Le but recherché est d'étancher cette soif.


6- Le pouvoir


Le pouvoir ? Ben en fait pas tant que ça : je ne crois pas qu'il y ait parmi les professions scientifiques des gens qui recherchent le pouvoir pour le pouvoir. S'il y en a qui recherchent le pouvoir, c'est plutôt le pouvoir de régler un problème difficile à régler autrement. Section suivante.


7- Résoudre un problème


Comment voler dans les airs comme les oiseaux ? Comment respirer sous l'eau ? Comment construire des boucliers plus efficaces ? Comment rendre les ordinateurs plus puissants et moins encombrants ? Tels sont le genre de problème à régler qui lancent un appel à la science.


A ce propos, voir l'article  Survie dans le désert : comment fabriquer un distille à la mode de Dune ? et son suivant, Distille de Dune : le retour .


8- Le désir d'inventer


« Je veux créer une machine à voyager dans le temps ! »


Très bien Doc, toi dans ton film t'as réussi, mais nous on est un peu mal barrés


Mais les inventeurs ne sont pas une fiction : il y a bel et bien des gens passionnés qui veulent inventer plein de trucs. Cela va de pair avec la résolution d'un problème : pour communiquer à distance, on a besoin d'un truc comme le téléphone. Mais rien ne nous dit qu'on aurait pas pu communiquer autrement, comme avec des courants de chaleur, ou qui sait, des ondes gravitationnelles ?

Je sais ! Des bûchers qui s'allument en chaîne sur des sommets de montagne !


II Les différents métiers


Je ne descendrai pas ici dans les profondeurs élémentaires du problème, c'est pourquoi il ne faudra pas vous étonner de voir certaines choses qui se recoupent.


1- Technicien

2- Ingénieur

3- Chercheur


1- Technicien


Je n'ai pas fait d'étude statistique, mais à mon avis, on devient technicien soit parce qu'on a pas eu les moyens de faire des études menant à des métiers plus estimés (ouvrier chez Michelin...) , soit, ce qui est probablement plus rare, parce que l'on est passionné de mécanique, d'électronique... Le problème est que le technicien doit obéir à des ordres, pas facile d'être bricoleur et d'avoir de l'initiative dans un tel contexte.

 

ouvrier echafaudage    

L'application de la théorie, ce qu'on appelle technique, fait aussi partie de la science, ou du moins, la complète en lui donnant une utilité.


2- Ingénieur


L'ingénieur relie la pratique à la théorie. Il part de la théorie et la met en pratique dans une entreprise. Vu comme ça, c'est un métier très noble ; malheureusement, ce métier est entaché par le capitalisme. Pour résumer : les ingénieurs sont les bras droits scientifiques des patrons dans le système capitaliste. Ils sont très exploités, beaucoup de boulot, beaucoup de pressions, et font marcher la pyramide hiérarchique à fond en exploitant d'autres salariés. A moins d'être entrepreneur, ce n'est pas un métier où on s'éclate : il n'y a qu'à regarder la vague de suicides à France Telecom : certaines personnes qui se sont suicidées étaient des ingénieurs.

 

fric     

Ma mère disait : « L'appât du gain, ça a toujours perdu les gens ! »


On trouve aussi parmi les ingénieurs des gens de bonne volonté : passionnés du travail d'éclaireur du ciel (dans les tours de contrôle des aéroports), entrepreneurs du social, écologistes convaincus... Mais c'est plus rare.


3- Chercheur


Ce n'est sûrement par appât du gain que l'on devient chercheur en France, les salaires n'étant pas très élevés (autour de 1500€ en CDI, et encore, il faut l'avoir le CDI). C'est là que l'on retrouve probablement le plus de passionnés et de gens curieux. A vrai dire, les ingénieurs et les chercheurs, les labos publics et les labos privés, les facs et les entreprises, tout cela forme deux mondes bien distincts. Le problème est que la LRU et ses conséquences tirent tout ce beau monde de chercheurs, milieu plutôt ouvert et tolérant, vers le monde du privé, avec sa concurrence, son caractère aigri, ses contraintes, son embourgeoisement, et son étroitesse d'esprit.

A noter aussi que les chercheurs, à l'heure du CNRS public, avaient le liberté des horaires. On travaille quand on veut, par contre si jamais il y a des profiteurs, des glandeurs payés à rien faire, on finit par les virer, mais c'est très rare. Cette liberté des horaires, de même que la liberté de la recherche, sont en voie de disparition, la faute à la politique de Nicolas SARKOZY. Rien de mieux que de voir son discours sur la recherche pour le savoir.


Conclusion :


Il y a plusieurs motivations pour rentrer dans un métier scientifique. A mon avis, les meilleures sont la curiosité et la recherche de l'amélioration du monde.

A l'époque du développement de la bombe atomique, Einstein était l'un des seuls physiciens célèbres à s'opposer à une telle arme : Bohr, Feynman, Von Neumann... Beaucoup d'autres génies y sont passés. Ils ont cautionné la bombe. Ce fut alors les catastrophes d'Hiroshima et de Nagasaki, et l'émergence d'un mode de pensée auparavant très minoritaire : la technophobie.

« La science doit être au service de l'humanité. », disait Einstein. J'irai plus loin en disant que la science doit être un vecteur d'amélioration du monde, que ce soit dans la satisfaction d'une insatiable curiosité, dans sa capacité à produire des réponses de qualités à certaines questions auxquelles on aimerait répondre, ou dans son application pour la production de biens de consommations utiles à la population, de la guitare électrique aux ordinateurs reliés à Internet en passant par le frigo, la voiture, et j'en passe encore.


 tgv

La science doit servir à améliorer le monde...

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Published by Bête spatio-temporelle - dans Sciences
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commentaires

Poisushi 13/10/2011 22:08



Merci pour votre réponse très encourageante qui m'a particulièrement motivée pour la poursuite de mes études. Je tiens en outre à vous féliciter pour le tenue de votre blog ; vous y avez intégré
des articles aux sujets très variés qui montrent l'ampleur de vos connaissances. 



Bête spatio-temporelle 14/10/2011 13:47



Oh, je n'ai pas tant de connaissances que ça, j'ai juste une bonne capacité de réflexion...



Poisushi 08/10/2011 16:22



Bonjour,


Je viens de lire votre article qui m'a particulièrement intéressée. Je suis moi-même à la recherche d'idées de métiers scientifiques et j'apprécierais énormément connaître votre opinion à ce
sujet.


Je suis actuellement en Première S et je m'interroge de plus en plus sur les études que je souhaiterais faire. Mon première critère de choix serait de pouvoir me déplacer aussi régulièrement que
possible à travers le monde. Je me suis donc tout de suite naturellement orientée vers le commerce.  Néanmoins, je me suis découverte une véritable passion pour la biologie et la physique.
Je m'intéresse énormément à l'actualité scientifique et les avancées techniques à ce sujet m'enthousiasment particulièrement. 


J'aimerais donc connaître votre opinion sur les métiers qu'il me serait possible de faire et qui concilieraient mes deux centres d'intérêts majeurs, que sont le voyage et les sciences.


Merci d'avance. 



Bête spatio-temporelle 13/10/2011 18:34



Je dirais chercheur en biologie ou en "physique", comme tu dis. Quand on fait de la recherche, on a souvent besoin d'appareils expérimentaux qu'on n'a pas sur place. Au moins un chercheur du LPC
(Laboratoire de Physique Corpusculaire) à Clermont-Ferrand a ainsi pu aller en Suisse à Genève lors du lancement du LHC (si tu ne sais pas ce qu'est le LHC, je t'invite à faire une petite
recherche). Un chercheur de l'institut Néel à Grenoble a ainsi pu partir aux Etats-Unis, et un doctorant grenoblois en recyclage nucléaire est parti en Belgique pour travailler sur un réacteur
expérimental.
Le métier d'ingénieur incite aussi, si je ne m'abuse, à voir du pays. Donc chercheur ou ingénieur. Les deux métiers ont leur défauts : les postes de chercheur dans le public sont très difficiles
à décrocher en France, on y est assez mal payé (de 1400 € par mois au début du CDI à 1800 € par mois en fin de carrière), et les conditions de travail de chercheur ou ingénieur dans le privé sont
globalement bien plus contraignantes. A toi de voir dans quel univers tu préfères évoluer, le monde universitaire qui est celui de la recherche publique, ou le monde de l'entreprise qui est celui
du privé. Une fois que tu seras fixée là dessus, ton orientation sera déjà mieux définie.

En espérant t'avoir été utile.



Bête spatio-temporelle 18/04/2010 20:56


Euh, tout de même... Cet article est quelque peu bâclé, plus de documentation aurait été bienvenue, à rééxaminer selon votre propre expérience.


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