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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 10:45

C'est la question que je me pose depuis pas mal de temps désormais.

 

Dimanche 6 Mai 2007 : après une campagne acharnée, Sarkozy est élu président de la république. Une large partie de la population française lui avait accordé sa faveur : 53% des votants lors du second tour, avec 19 millions de voix. Les media acclament sa victoire : on parle de "l'état de grâce", ou encore de "la vague bleue", prête à tout écraser sur son passage.

 

Mais très vite il se fait des ennemis. Dès Juin 2007, on a pu entendre une vieille dame lui ayant accordé sa voix pester contre lui parce qu'il a mis des "Arabes" au gouvernement. Apparemment la politique d'"ouverture" ne plaît pas à tout le monde...

 

Avant même son élection, il avait déjà pas mal d'ennemis : des syndicalistes, des gens de gauche, anticapitalistes ou pas d'ailleurs... J'étais de ceux-là.

 

Avant même de passer à la tâche, Sarkozy commence à irriter un bon nombre de gens en exhibant sa richesse et celle de ses copains : on commence à parler du président "bling-bling", mot qui semble-t-il a été inventé lorsque Sarkozy en a montré la définition.

 

Au mois de Septembre, le train des réformes part à toute trombe, et attire déjà un assez grand mécontentement populaire : manifestations contre la LRU, contre la privatisation d'EDF, contre les lois anti-grèves dites du "service minimum"... Mais Sarkozy est malin : bien plus que tout autre président sous la Vème république, il a su amadouer les dirigeants syndicaux à l'aide du "dialogue social", qui n'est autre qu'un ensemble de négociations pipées où le gouvernement sort toujours gagnant. Ainsi, on a pu voir Bernard Thibault, ancien militant cheminot très actif, trahir le mouvement social de l'Automne 2007 en ne faisant  aucun effort pour le mener à la victoire (voire même en faisant des efforts pour le mener à la défaite, qui sait...). On a pu voir Bruno Julliard, président de l'UNEF pouvant se targuer d'avoir mis en échec le gouvernement Chirac-de Villepin par une mobilisation massive contre le CPE, se ramollir comme une chiffe molle et trahir le mouvement étudiant contre la LRU.

 

Car Sarkozy a un don pour endormir et diviser ses adversaires.

 

Mais voilà, à force de favoriser la compétition, il a brisé l'unité qui s'était faite autour de lui et a fini par mettre contre lui des catégories de personnes auparavant favorables à la droite : des économistes lui ont reproché son "libéralisme" effrenné et sans aucune régulation, des magistrats se sont retrouvés à manifester dans la rue pour défendre leurs tribunaux... Ah oui et aussi, Cécilia l'a quitté.

 

J'ai eu de nombreuses références de gens auparavant favorables à la droite qui ont fini par se ranger contre Sarkozy, hélas j'en ai oublié beaucoup. Sarkozy est très vite devenu impopulaire, les gens s'étant rendu compte compte -trop tard- que sa politique n'allait pas dans leur intérêt.

Le mécontentement  couve depuis longtemps, et il n'a guère pu s'exprimer que le 29 Janvier et le 19 Mars 2009, où une manifestation nationale et interprofessionnelle, hautement unitaire, a réuni les opprimés sous des slogans du style "Casse toi pauv' con !" ou encore "Sarko, démission, ou c'est la révolution !". Des slogans qui dépassaient la volonté des dirigeants syndicaux : il ne s'agissait pas de faire une énième promenade dans la rue, mais de renverser le pouvoir en place.

 

L'élection d'Obama au poste de président des Etats-Unis n'a probablement pas arrangé Sarkozy, qui doit se sentir plus près des républicains comme Bush que des démocrates comme Obama.

 

Un numéro récent du canard enchaîné laissait entendre quant à lui que Brice Hortefeux, vieux copain à Sarko, s'entendait moins bien avec lui...


Les media que Sarkozy avait réussi à mettre sous sa tutelle se sont peu à peu tournés contre lui : là où on voyait Le Point et L'Express se mettre ostensiblement du côté de Sarkozy lors des élections présidentielles, un an plus tard, on voyait plutôt des unes avec le visage de Sarkozy et le titre "Ce qui cloche".

D'autres journaux comme Le Monde semblent être devenus moins favorables à la politique du président, mais ce n'est qu'une impression personnelle que j'aurais du mal à confirmer.

 

Sur le site du Militant, on peut lire que Sarkozy semble près à se mettre à dos l'Allemagne et la zone euro (voir ici).

 

Mais alors, vers qui va-t-il se tourner si n'est vers l'UE ? Vers les Etats-Unis ? Avec Obama ?

 

Pour ma part, je pense de plus en plus la chose suivante : Sarkozy va se retrouver tout seul. Et franchement, ça me fait presque pitié pour lui.

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Published by Bête spatio-temporelle - dans Analyses de l'actualité politique
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