Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 22:25

Il y a beaucoup de gens pour qui la révolution fait peur.
Pas forcément des dirigeants ayant des intérêts égoïstes à défendre. Ca peut être des gens bien, y compris parmi les opprimés.

On m'a appris que la révolution était un moyen de renverser l'ordre établi et de s'organiser pour construire un monde meilleur. Changer le monde ? Chouette.

Après tout, une révolution réussie dans un pays comme la France peut se répandre comme une trainée de poudre dans toute l'Europe, voire carrément le monde entier !

Je savais très bien que la plupart des révolutions -toutes même- se sont faites dans la violence, car la classe dominante, qu'elle soit bourgeoise, noble, cléricale ou je ne sais quoi, utilise toujours l'armée à son service pour réprimer la révolte, et garder sa place.

Je savais donc qu'il y aurait un prix à payer. Mais comme on le disait si bien en Mai 68, "Sous les pavés, la plage" : les choses sont dures sur le moment, mais une fois que ce sera fini, on vivra dans un monde meilleur.
Bien meilleur, même...

J'en suis venu tout naturellement, comme tout jeune révolutionnaire, à me dire que pour réussir la révolution, il suffit d'être plus fort que son adversaire.

Voyons donc... On est hyper nombreux mais très mal formés à l'affrontement, la plupart sont tellement couards qu'ils n'osent même pas sortir dans la rue manifester... Et puis il y a toujours une voire plusieurs armées en face (lors de la Commune de Paris en 1871, la bourgeoisie française s'est même alliée avec son ennemie la Prusse pour écraser le communisme naissant à Paris ainsi que dans d'autres villes de France). Des armées professionnelles hyper équipées en matière d'armes. Avec toujours le spectre des chars et des bombardiers, puissances de destruction invicibles contre lesquelles on ne peut rien faire...

Et puis j'ai appris que lors de la Révolution française en 1789, tout comme lors de la Commune de Paris en 1871, une partie de l'armée s'était rangée du côté du peuple insurgé.
Il semblerait que les révolutions ne marchent que lorsque les armées se rangent du côté de l'intérêt général...

Venons en donc au point-clé de cet article : la stratégie tit for tat.

Tit for tat, c'est bien plus qu'une stratégie révolutionnaire.
Tit for tat, c'est bien plus qu'une stratégie politique.
Tit for tat, c'est une stratégie écologique.

Qui consiste en trois points :

1)Quand on fait une rencontre, on commence à coopérer.
2)Si l'autre coopère, à la prochaine action, on coopère. Si l'autre agresse, à la prochaine action, on l'agresse. Dans les mêmes proportions.
3)Il faut savoir pardonner vite.


Le premier point est l'évidence première : il faut être gentil.
Le second point n'est pas non plus très dur à comprendre : il faut être gentil avec les gens gentils et méchant avec les gens méchants. Sinon on se fait écraser.
La fameuse phrase de Voltaire "Il faut être tolérant, sauf face à l'intolérance.", regroupe les points 1) et 2).

On a des raisons de croire que cette stratégie est optimale et qu'elle devrait finir par s'imposer et se généraliser dans la biosphère. En effet, des tournois informatiques ont fait s'opposer dans le cadre de la théorie des jeux différentes populations suivant différentes stratégies, au sens écologique. Lorsque tit for tat affrontait ses adversaires en face à face, c'était très souvent -si ce n'est toujours- la stratégie gagnante sur le long terme. Mieux encore, lorsqu'on la mettait au milieu d'autres stratégies, qui pouvaient être plus complexes ou plus agressives, après de longs débuts laborieux, elle finissait par s'imposer comme la stratégie dominante.

Certains pensent même que tit for tat est la façon optimale de se comporter. Il faut avouer que cette stratégie a des arguments à faire valoir, mais n'allons pas tout de suite prétendre détenir la perfection.

L'idée de la stratégie tit for tat est de faire valoir la coopération, qui rend tout le monde gagnant, et ce sans se faire écraser par ceux qui refusent la solidarité. Parce que oui c'est bien d'être gentil, mais il faut pas être trop gentil !

Le point 3), celui du pardon, permet de s'extirper d'une escalade de la violence.

C'est cette escalade de la violence qui me faisait un peu peur lorsque je m'imaginais une révolution.

Maintenant que je connais la stratégie tit for tat, je suis hautement rassuré ! Puissiez vous faire connaître cette idée autour de vous, qui, bien plus qu'une stratégie révolutionnaire, est à même d'améliorer les relations individuelles entre êtres humains !

Pour en revenir à la révolution, je me dis que de toute façon, il va falloir tenir le coup face aux armées qui nous tombent dessus, suffisamment longtemps pour qu'on puisse leur faire comprendre qu'il faut se battre pour l'intérêt général. Ce qui devrait logiquement les rallier dans notre camp.

Une mauvaise idée serait de s'avancer naïvement vers des soldats armés avec des petites fleurs, comme s'ils allaient de suite accepter l'invitation à calmer leur ardeur. Si on fait ça, ils vont se dire "C'est exactement ce qu'on m'a dit, c'est vraiment une bande de cons...".
Non. Il faut mettre l'ennemi en échec, lui montrer qu'on est déterminés à changer l'ordre des choses, pour que là ils commencent à se poser des questions.
Le KO ainsi que la prise d'otage ont l'énorme avantage de laisser toutes les portes ouvertes. Il est moralement très classe de ramener un ennemi blessé dans son camp pour le soigner et lui parler. Si je ne m'abuse, c'était d'ailleurs ce que faisait Che Guevara, médecin de formation.
Le meurtre ote à la personne tuée tout ce qu'elle a, ainsi que tout ce qu'elle peut avoir.
Quant à la torture, un minimum de conscience morale nous crie qu'elle est à proscrire absolument.

On ne doit faire la révolution que par l'expression d'une haute conscience morale. La révolution c'est pas un jeu. Il est facile pour les jeunes d'aujourd'hui qui n'ont jamais connu la guerre de se prononcer contre le pacifisme.
Ils risquent de vite changer d'avis, pour les moins bornés d'entre eux, le jour où ils feront face à la guerre. Pas dans leur tête, mais dans la réalité.

Car il existe toujours un risque que la révolution ne dégénère en guerre civile.

La révolution doit être l'occasion d'accélérer la "conscientisation des masses", comme on dit si bien dans le jargon militant. Cela ne peut se faire qu'avec le débat, et par la prépondérance de l'intelligence collective sur les phénomènes de foule, qui nous rabaissent à l'état de moutons bipèdes avec des vêtements à la place du poil.

La circulation de l'information a aussi un rôle capital : la bataille de l'information est à mon avis déterminante pour l'issue d'une révolution.

Il n'est pas toujours inutile de se répéter. Alors je le dirai encore :

Travailleurs de tous les pays, unissez vous !

 

peoplesofeuroperiseup

Partager cet article

Repost 0
Published by Bête spatio-temporelle - dans Idées de politique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : L'étoile du marin, site web de Corentin CHAROUSSET
  • L'étoile du marin, site web de Corentin CHAROUSSET
  • : Sciences humaines, exactes ou naturelles, philosophie, politique, arts... Je vous emmène sur les flots dans un voyage aux mille escales, avec toujours le même objectif dans la longue-vue : l'étoile du marin, ou l'idéal qui anime l'homme qui a de l'espoir.
  • Contact

Recherche