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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 08:39
Pour conclure cette série d'articles qui m'aura pris plus de temps que prévu, je vous invite à participer à un débat général sur les sources d'énergie électrique, et les sujets connexes.

Sur le sujet, plusieurs questions peuvent être posées :

1) Quelle place réserver à la fission nucléaire dans la production d'électricité du futur ?
2) Comment contourner, ou franchir, les multiples obstacles économiques (prix trop forts, spéculation qui augmente les prix...) et sociétaux (politiciens pas assez ambitieux, inertie psychologique...) qui s'imposent pour la généralisation d'un mode de production d'électricité idéal ?
3) Pourquoi faudrait-il un mix énergétique ?
4) Où est-ce qu'on doit mettre les sous pour la recherche et développement ?

Je vous invite à donner votre avis, à le confronter rationnellement à celui des autres, bref, à débattre de façon constructive afin de s'enrichir intellectuellement les uns les autres.

Le débat est ouvert !
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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 08:21
Nous voici venus au bilan de tous les articles précédents de la catégorie. Si vous n'avez pas lu les articles précédents sur les sources d'énergie électrique, cela ne vous empêche pas de lire cet article qui forme, en quelque sorte, un condensé de tout ce que j'ai dit avant (1).
puissance bilan.1

puissance_bilan.2.png


Il y a une donnée importante qui me manque : le prix en €/J de l'énergie électrique produite par chaque dispositif. Promis, dès que j'ai ces données-là, je complète cet article dès que je peux :-) .

(1) : Mais quand même, c'est toujours plus intéressant de lire la vulgarisation plus détaillée, y a des trucs pas mal...
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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 20:06
Cette série d'articles touche bientôt à sa fin.
Je vais ici dresser une petite liste de sources d'énergies électrique que l'on pourrait imaginer, ce qui relève encore de la science-fiction.
La fusion nucléaire et le dihydrogène en font partie, mais ces deux cas sont tellement énormes que j'ai voulu en faire des articles à part.

I La foudre
II Le vent des hautes strates de l'atmosphère
III Le rayonnement solaire à côté de la Terre
IV Ouverture

I La foudre

Quelques essais ont déjà été faits pour capter l'énergie des éclairs. L'une des difficultés est qu'il est pratiquement impossible de savoir précisément où la foudre va tomber.

Cependant, il existe des zones où les éclairs font rage, et où, en plaçant un dispositif adéquat, on aurait plus de chances de capter l'énergie d'un éclair.

Hébergeur d'images

Ça, ç'a l'air d'une zone à foudre !

Il n'y a pas énormément d'énergie à récupérer avec la foudre. Toutefois, je trouve que transformer ainsi cette terreur naturelle qu'est l'éclair en électricité utile relève d'une certaine esthétique.

back_to_the_future_lightning.png
Avouez quand même que récupérer l'énergie d'un éclair, ça peut être assez classe !

Ce qui est intéressant avec la foudre, c'est qu'un éclair fournit une puissance comme on en trouve rarement ailleurs : 20 GW ! Plus que l'énergie, c'est cette puissance impressionnante qui laisse un peu d'attrait à cette ressource d'énergie pittoresque qu'est la foudre.

II Le vent des hautes strates de l'atmosphère

Ah, là on touche à du lourd.
Dans les hautes strates de l'atmosphère, de 7 km à 16 km d'altitude, soufflent des vents rapides et continus. Leur vitesse excède les 90 km/h.
Certes, la densité de l'air y est plus faible qu'au sol. Mais la vitesse y est tellement plus élevée qu'on pourrait en tirer beaucoup d'électricité, et en plus, ça produirait tout le temps !

On a imaginé de mettre des éoliennes en suspension, telles des cerfs-volants, afin de capter cette manne. Cette voie me semble prometteuse, toujours est-il qu'on n'en est encore qu'au stade de la recherche. Il est possible, mais pas certain, que ce type d'éoliennes supplante les éoliennes poteau actuelles. Tout dépend de est-ce qu'on arrive à mettre le truc suffisamment haut mais pas trop et de est-ce que ça marche quand ça y est ou pas.

kite_wind_turbine.png
Une vue d'artiste de ce à quoi pourraient ressembler ces éoliennes en suspension.

III Le rayonnement solaire à côté de la Terre

Bon, là, ça va pas être bien compliqué. Un schéma vaut mieux qu'un long discours :

sun ring planet
On met plein de panneaux solaires autour de la planète face au Soleil !

Énorme. Énorme parce que ça produirait énormément d'électricité. Énorme aussi parce que cela demanderait des quantités colossales de matériaux, tellement que je pense qu'il n'y en aurait pas assez avec les techniques actuelles.

Cette techniques consistant à disposer plein de panneaux solaires autour d'un astre me semble plus adaptée dans le cadre d'une expansion spatiale de l'humanité, autour de planétoïdes, de style Pluton ou Céres. Je pense qu'il faut pas trop compter dessus pour préparer l'après pétrole.

IV Ouverture

Au début, lorsque je me lançai dans l'aventure de la recherche de la source d'énergie électrique idéale, je m'imaginais chercher quelque chose de complètement nouveau : énergie thermique de l'eau chaude, antimatière... Après avoir posé le problème sur papier, je me suis rendu compte que même si ces sources d'énergies totalement nouvelles (et imaginaires !) ne sont pas inintéressantes, ce n'est pas en cherchant de ce côté là que je foutrais un grand coup au spectre de l'après-pétrole. Après tout, si je trouve quelque chose de totalement nouveau, il y a des chances pour que ce soit propre, mais peu productif, ou alors très productif, mais pas renouvelable. J'ai estimé qu'il valait mieux combler, un à un, les défauts des meilleures sources d'énergie électrique déjà existantes.

Néanmoins, je suis un fervent défenseur de la liberté de recherche : si y en a qui veulent chercher des trucs totalement nouveaux, pourquoi pas ! Cela ne fait pas de mal de mettre un peu l'imagination au pouvoir...
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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 19:21
Je me suis rendu compte qu'il y a encore une source d'énergie électrique dont je dois vous parler : la combustion du dihydrogène. Dans la littérature sur le sujet, on utilise souvent le mot "hydrogène" alors que l'on parle non pas de l'élément hydrogène, mais de la molécule H2, constituée de deux atomes d'hydrogène.

On y va !

I Lavoisier et la réaction d'électrolyse de l'eau
II La pile à combustible
III La société à hydrogène, un rêve à construire


I Lavoisier et la réaction d'électrolyse de l'eau

Lavoisier, chimiste du XVIIIème siècle, a réussi à montrer que l'eau n'était pas un élément, quelque chose d'indivisible. En public, il a fait une expérience dans laquelle il a réussi à disséquer de l'eau, qui ne laisse que deux gaz : l'un, qu'il a nommé oxygène, l'autre, qu'il a nommé hydrogène (1). Le chimiste en question a laissé des notes sur les réactions de décomposition de l'eau dans un texte intitulé Traité élementaire de chimie, publié en 1789 (2).

Aujourd'hui, la réaction la plus connue pour diviser de l'eau en ses constituants atomiques s'appelle l'électrolyse de l'eau. Seulement voilà, sans piles, Lavoisier avait beau être un chercheur très méthodique, il ne pouvait pas utiliser une telle technique.
Il faut attendre 1800 et la première pile pour voir naissance à l'électrolyse de l'eau (3).

En quoi consiste l'électrolyse de l'eau ? Un bon schéma m'épargnera de vaines explications...

electrolyse eau

Schéma de l'électrolyse de l'eau.

Il faut... de l'eau, sinon ça marche pas, liquide, ça c'est pas un souci, et une pile qui puisse délivrer une tension entre deux bouts de métal que l'on appelle "électrodes". Ces électrodes ont des noms : l'anode attire tout ce qui a une charge électrique négative, quant à la cathode, elle attire tout ce qui a une charge électrique positive. Oh, et si je ne m'abuse, il faut aussi des récipients pour recueillir les gaz que sont le dihydrogène (H2) et le dioxygène (O2), bien fermés comme c'est suggéré sur le schéma, sinon ça s'en va !
Attention, toutefois, il faut rajouter à l'eau une substance nommée électrolyte, pour permettre le courant électrique. Du sel de table peut faire l'affaire.

Bon, on passe à l'amusement suivant ?

II La pile à combustible

Dans la partie précédente, la réaction chimique mise en jeu se résumait à ça :

reaction_eau_electrolyse.png


Le bilan de l'électrolyse de l'eau (4).
Dans la pile à combustible, la réaction mise en jeu est la suivante :

reaction_eau_pac.png


Le bilan de la combustion classique du dihydrogène.
Je vous donne un schéma afin que vous vous donniez une image plus claire des entrailles de la bête :

pile a combustible

Au milieu, la membrane échangeuse de protons, en haut, le circuit électrique.

Vous savez, ce qu'il y a de bien avec cette technique, c'est que le dihydrogène a une très forte densité énergétique : avec 1 kg de dihydrogène, on obtient 3 fois plus d'énergie qu'en brulant de l'essence (5) ! La combustion du dihydrogène fait même circuler la rumeur selon laquelle ce serait la plus énergétique de toutes les réactions chimiques non nucléaires (6)... Vraie, fausse ? Dès que je le saurai, il me faudra mettre cet article à jour >_<!
Attention, "pile à combustible" ne veut pas forcément dire "dihydrogène", des fois, on met des combustibles fossiles, ou encore des "déchets" organiques à la place, et ça marche.

Chose à savoir : la réaction qui a lieu dans la pile à combustible est explosive. Preuve à l'appui : Hydrogène : réaction explosive. Toutefois, rappelons-nous que les réactions chimiques qui ont lieu dans les voitures sont explosives, ce n'est pas pour autant que toute la bagnole explose. Il faut croire qu'il est possible de contenir les dégâts de cette explosion.

En fait, je crois que c'est tout simplement la manipulation de dihydrogène concentré qui est dangereuse en soi. Après tout, le dioxygène se trouve partout où nous allons (7), une étincelle, et hop, c'est la cata.

Toutefois, la pile à combustible a de grandes qualités à faire valoir:

+elle produit de l'électricité ;
+elle produit de l'énergie thermique, ça chauffe !
+elle ne rejette que de l'eau, qui n'est pas un polluant.

Franchement, je pense que l'on a là un vrai filon, pas un truc limité comme la géothermie... Séduits par les qualités de la machine, certains ont imaginé quelque chose que je voudrais partager avec vous : une société humaine basée sur le dihydrogène.

III La société à dihydrogène, un rêve à construire

Qu'est-ce que la société à dihydrogène ? Ben, c'est quelque chose qui ressemble à cela :

maison hydrogene

Une maison écolo !

On aurait, sur chaque petite maison, des panneaux solaires qui produisent de l'électricité. En été, le Soleil monte haut dans la voute céleste, les panneaux produisent trop. Qu'importe, le surplus sert à électrolyser de l'eau, et on se retrouve avec deux bonbonnes, une pour le H2, une pour l'O2. Et puis en hiver, quand le Soleil, tout timide comme il est, n'ose lever bien haut le bout de son nez, les panneaux ne produisent pas assez, mais c'est pas grave, on puise dans les réserves dans la buanderie, et on peut chauffer son eau, faire marcher son frigo, son PC, et tout le monde est content. Elle est pas belle, la vie ?

Ce serait cool, hein ? Seulement, on n'en est pas à là. Plusieurs obstacles techniques se posent :

-Les gaz aiment occuper des gros volumes, comment on fait pour les compresser ?
-Les membranes échangeuses de protons des piles à combustible coutent cher, comment on fait ?
-Ma tante, elle aime pas les panneaux solaires, elle trouve que

Dans cette société, les voitures rouleraient au dihydrogène. Le moteur à dihydrogène existe déjà, mais il n'est pas tout-à-fait au point : un problème se pose pour le stockage du H2.

Remarque intéressante : quand on pense "société de l'hydrogène", on imagine ceci comme une société dans laquelle la production d'électricité est décentralisée (8) : la famille Ford contrôle ce qu'elle produit chez elle, Madame Schäffer contrôle ce qu'elle produit chez elle, il n'y a pas de supra-autorité style EDF pour s'immiscer là-dedans. Où est l'avantage ? Ben éviter qu'un dictateur fasse chier tout le monde en décidant d'une minute à l'autre de couper le courant chez l'opposition... On sait jamais, même en France, il est possible que la dictature revienne.

Un autre aspect de la société à dihydrogène est que, contrairement à aujourd'hui... le H2 doit être produit de manière propre ! Le plus souvent, la production du H2 pollue, l'électrolyse est une exception. L'électrolyse, la méthode à généraliser ? Peut-être, pour peu que la production de l'électricité soit elle-même propre...

Conclusion ? Je crois l'avoir déjà dite. Contrairement à d'autres sources d'énergies comme les énergies fossiles, avec la chimie de l'hydrogène, il y a un véritable filon qui mérite que l'on s'y intéresse de plus près.

(1) : source : cours d'histoire et de philosophie des sciences, année 2008-2009 à l'université Blaise Pascal.
(4) : contrairement à la convention la plus répandue, j'ai utilisé le symbole union au lieu de celui de l'addition, car tout comme on n'additionne pas des vaches avec des bananes, on n'additionne pas des molécules de dihydrogène avec des molécules de dioxygène. On peut additionner des molécules avec des molécules, mais dans ce cas-là, il faut que ce soient juste des molécules, vous voyez ce que je veux dire ?
(6) : mises à part les réactions chimiques non industrielles comme celles qui surviennent dans les accélérateurs de particules.
(7) : sauf quelques rares chanceux qui vont dans l'espace, mais ce n'est qu'une minorité.
(8) : source : Horizon, Manuel d'enseignement des énergies renouvelables, sur CD-ROM.
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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 07:07

Oh, je viens de me rendre compte que j'allais oublier une source d'énergie électrique à ne pas négliger : la géothermie.
Si vous avez lu les articles de la série depuis le début, vous êtes déjà suffisamment habitués à l'ingénieurie de l'énergétique pour vous douter de comment la géothermie fonctionne : et oui, encore et toujours la machine à vapeur :-( .
Ça me donne vraiment envie de créer quelque chose de plus moderne pour extraire de l'énergie thermique >_< .
Bon, on y va ?

I L'origine de l'énergie thermique
II Petite digression sur le puits provençal
III Avantages et défauts de la technologie

 


I L'origine de l'énergie thermique

Bon, j'avoue être un peu à court d'idées pour étoffer le contenu de cet article, je vais essayer de le rendre pas trop indigent.

D'où vient l'énergie géothermique ? Du sous-sol ! En effet, il fait plus chaud dans le sous-sol de la Terre qu'à la surface ; en s'enfonçant de 100 m, on gagne en moyenne 3,3°C.
Aussi étonnant que cela puisse paraitre, on s'accorde à dire que la chaleur du sous-sol provient de la radioactivité : une partie de l'énergie de masse se transforme en énergie cinétique microscopique, autrement dit, en énergie thermique.

Pour récolter cette énergie, on va utiliser, comme on fait d'habitude parce qu'on n'est pas foutus de faire autrement, le principe de la machine à vapeur : dans une boite fermée, on fait chauffer un fluide qui va s'évaporer, la pression monte, on ouvre la boite, le gaz va s'échapper par l'ouverture, ça fait tourner une turbine, la turbine va entrainer un dispositif nommé alternateur.


alternateur  

Un alternateur.

 

Finalement, l'alternateur va produire de l'électricité.

À noter que l'énergie géothermique peut être utilisée pour chauffer des bâtiments. À ce propos, 95 % des habitations en Islande sont chauffées à l'aide d'un vaste réseau géothermique.

Pourrait-on chauffer 95 % des foyers en France avec la géothermie ? Ben en fait, non... Déjà, parce qu'on est beaucoup plus nombreux que les Islandais (ils sont dans les 300 000, nous environ 65 000 000), et aussi parce que l'Islande a un bien meilleur potentiel géothermique que la France !

Ben oui, les zones ne sont pas égales vis-à-vis des ressources géothermiques... L'Islande est en plein sur une zone volcanique, donc forcément, le sous-sol y est plus chaud que la France métropolitaine.
 
geothermal world resources

Carte donnant un aperçu des zones à forte géothermie. Quand je vois comment c'est centré, je me dis que cette carte a dû être faite par des Amerloques... La pauvre Eurasie, ils l'ont coupée en deux...



Quitte à disserter sur l'Islande, je devrais aller dans ce pays cet été et visiter, entre autres, la plus puissante centrale géothermique au monde : la centrale de Hellisheithi. Sa puissance actuelle est de 303 MW : c'est très peu devant une centrale nucléaire (de l'ordre de 1 500 MW) ou un très gros barrage hydraulique (de l'ordre de 10 000 MW).
 
hellisheidi.png

Au beau milieu des étendues de glace et de feu, la centrale de Hellisheithi, productrice d'électricité.



II Petite digression sur le puits provençal

Alors le puits provençal, c'est le genre d'invention archi simple et pas trop dure à mettre en place qui offre une utilité assez importante. Dans la même catégorie, on pourrait mettre l'igloo, ou encore le sac.

Voici ce à quoi ressemble un puits provençal :
 
puits provencal

C'est juste un tuyau qui passe sous terre avec un bout dehors, un bout dans la maison, couplé à un ventilo pour faire rentrer l'air dans la maison !



Précision utile : le puits provençal porte aussi le nom de "puits canadien". À ma connaissance, il n'y a pas de différence entre les deux.

Le principe est assez simple : en hiver, le haut sous-sol (genre 1,5 m de profondeur) est plus chaud que l'air, en été, c'est l'inverse. Du coup, avec l'aide du ventilateur, on peut chauffer la maison lorsqu'il fait froid dehors, et on peut la rafraichir lorsqu'il fait chaud à l'extérieur. Et tout le monde est content !

Attention, le puits provençal n'est pas toujours suffisant pour maintenir l'air de la maison à une température agréable : il faut parfois compléter par d'autres dispositifs comme le chauffage électrique ou une pompe à chaleur.

Il se trouve que cette installation, le puits provençal, est le plus petit modèle de machine exploitant la géothermie. Elle n'entre cependant pas tout-à-fait dans notre sujet, puisqu'elle ne produit pas d'électricité. Je voulais juste faire une petite digression pour rendre cet article un peu plus riche :-) .

III Avantages et défauts de la technologie

C'est parti pour une nouvelle liste d'avantages et défauts !

Avantages :

+Utilisable sur le très long terme, car les roches du sous-sol continueront de faire de la radioactivité pour des milliers et des milliers d'années ;
+Possibilité de chauffer les bâtisses ;
+Ne rejette pas de polluant (on n'extrait pas les roches radioactives, juste une partie de l'énergie thermique qu'elles produisent !).

Défauts :

-Peu productif, y compris dans les zones volcaniques ;
-Potentiel faible.

Voilà. Si vous avez une information à corriger, un ajout à suggérer, je suis preneur : j'ai rédigé cet article assez vite, et je me doute bien qu'il n'est pas d'une très grande richesse. Je voulais juste ne pas faire l'impasse sur le sujet avant de passer aux articles suivants.

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 18:36
J'aimerais placer une remarque. Le mot "énergie", tel qu'il est utilisé, peut être à l'origine de certaines confusions.

Parfois, il signifie :

  • Sens courant : capacité, vigueur, force, dynamisme. Ce n'est pas une définition formalisée.
  • Sens scientifique : énergie comme grandeur qui n'apparait ni ne disparait, mais se transforme. On dit que l'énergie se conserve.
  • Sens spécialisé pas pédagogue : dans de nombreux écrits de physique, on utilise, à tort, le mot "énergie" pour dire "énergie mécanique".
  • Sens industriel, économique et politique 1 : énergie utile pour l'homme, en oubliant que la nourriture fournit de l'énergie utile pour l'homme, que l'énergie lumineuse que diffuse le blanc d'une page d'un livre est utile puisqu'elle permet de distinguer le texte du fond, et en oubliant bien d'autres énergies encore. Ce sens là s'applique à l'électricité, au chauffage et au transport.
  • Sens industriel, économique et politique 2 : électricité.
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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 15:34
Nous voici venir à l'un des derniers articles de cette série sur les sources d'énergie électrique. Ici, je vais parler de l'électricité que peuvent nous offrir les mers et océans. Comme dans les autres articles, je ne prendrai pas la peine d'être exhaustif ; il faudrait aussi parler de l'exploitation des énergies des courants issus des différences de température ou de pression osmotique. En avant sur les flots, moussaillon !

I Les hydroliennes
II Les usines marémotrices
III Les pelamis, ou serpents de mer
IV Conclusion


I Les hydroliennes

Les hydroliennes utilisent comme source d'énergie les courants de marée, causés par la force d'attraction gravitationnelle exercée par la Lune sur la Terre, et accessoirement, par le Soleil sur la Terre. L'énergie perdue par la Lune avec les marées s'appelle de l'énergie potentielle : c'est une énergie associée à une force, ici, la force gravitationnelle(1). Tandis que les flots alternent marées et marées basses, et que cette énergie de mouvement se transforme, tantôt en électricité dans nos dispositifs, tantôt en énergie thermique par friction(2), l'énergie potentielle de la Lune diminue, et celle-ci s'approche, doucement, de la planète Terre(3).

Vous voyez à quoi ressemble une éolienne ? Et bien, une hydrolienne, c'est à peu près la même chose, sauf que c'est sous l'eau !

Hébergeur d'images

Vue d'artiste d'une ligne d'hydroliennes. Le plongeur est sûrement là pour faire de la maintenance ! Perds pas tes bouteilles, sinon tu vas faire "Bloub bloub bloub..." comme Sonic le hérisson qui crève noyé dans une usine chimique ! Et pour toi, ce sera Game Over tout de suite et sans Continue ! Et si on te repêche, tu seras plus qu'un cadavre confiné dans du plastique moulant ! Vive les momies next-gen(4) !

Le fonctionnement est sensiblement le même que celui des éoliennes : on a un ensemble de pales qui peut tourner suivant deux axes, on a un courant de fluide, et lorsque les particules de fluide viennent taper sur les pales, la géométrie de l'ensemble est telle que le plan des pales va se trouver face au courant, puis on aura une rotation sur un axe horizontal. Ça tourne ! Ensuite, on met des engrenages pour récupérer plus d'énergie cinétique (l'énergie liée au mouvement), enfin, un dispositif nommé alternateur transforme cette énergie cinétique de rotation en électricité.

Hébergeur d'images

Ceci est un alternateur. C'est un dispositif très utilisé dans les transformations énergétiques. Hélas, la documentation à ce sujet sur Internet est soit trop succinte, soit trop technique, résultat, je ne sais toujours pas comment ça marche, donc forcément, je ne peux pas vous expliquer. À retenir toutefois : un alternateur transforme une énergie cinétique de rotation en énergie électrique.

Quels sont les avantages et les défauts des hydroliennes ?

Avantages :

+Produit de l'électricité sans polluer ;
+Renouvelable.

Défauts :
-Produit peu ;
-Maintenance compliquée ;
-Signalisation parfois nécessaire pour laisser passer les bateaux ;
-Pour certains modèles, risque de faire du mal aux poissons et autres êtres vivants peuplant les lieux.

Les hydroliennes en sont encore au stade expérimental. Cela explique sûrement pourquoi les "fermes" d'éoliennes (groupes d'éoliennes dans la même zone) produisent de 6 MW à 210 MW, alors que les fermes d'hydroliennes n'atteignent que 4MW. Je regrette d'ailleurs d'avoir passé près d'un mois juste à côté d'un labo grenoblois où on travaillait sur les hydroliennes dans la Manche sans m'être plus renseigné.

Malgré ces débuts modestes, les hydroliennes ont un avantage à faire savoir. En effet, un calcul montre qu'avec un courant marin de 2m/s, on produit autant qu'avec une éolienne avec un vent de 19 m/s, soit 68 km/h, ce qui est proche de la vitesse maximale acceptable pour une éolienne. Or, ces courants de 2 m/s, voire plus, existent ! Conclusion : une hydrolienne bien placée a une puissance potentiellement plus forte qu'une éolienne bien placée.

À noter : l'Écosse a un très fort potentiel hydrocinétique : 25 % du potentiel européen ! Et le gouvernement écossais a décidé de l'exploiter.

II Les usines marémotrices

On a longtemps dit que l'usine marémotrice de la Rance était la plus puissante au monde. Ce n'est plus vrai : depuis 2011, la plus puissante est celle de Sihwa lake, en Corée du sud.
La comparaison donne : 240 MW maximum pour l'usine de la Rance, et 254 MW maximum pour l'usine de Sihwa Lake.

Ceux deux usines ont en commun d'être des barrages partiels sur un estuaire : on bloque la majorité de l'eau, on la laisse passer comme on veut en ouvrant des portes. Se forme alors un bassin en amont.

Hébergeur d'images

L'usine marémotrice de la Rance.

Comment est-ce que ça marche ?

En fait, on utilise la poussée engendrée par les marées sur un estuaire(5). Il va y avoir un courant d'eau, qui va faire tourner une turbine, qui va entrainer un alternateur, qui va produire du courant. Jusque là, rien de bien différent d'une hydrolienne.
Toutefois, une différence notable, rencontrée dans l'usine de la Rance : on peut stocker de l'électricité ! Ben oui : en activant un alternateur, on peut utiliser une turbine comme une pompe, ce qui permet de stocker de l'eau dans le bassin formé en amont. Lorsqu'on laisse couler cette eau pour faire tourner une turbine, on peut récupérer une partie de l'électricité. On peut s'attendre à ce qu'une telle propriété existe aussi dans les autres usines marémotrices.
Comme tout barrage, ces dispositifs ont un défaut en commun : en amont, l'eau stagne et ne se renouvelle pas. S'ensuit un envasement, et une relative perte de vie. À noter que pour le barrage de la Rance, certains poissons, très rapides, arrivent à se frayer un passage à travers les turbines ! Je pense que des études locales sont de bon aloi afin de juger si c'est correct d'un point de vue écologique ou pas.

III Les pelamis, ou serpents de mer

Ah ! Ces serpents de mer, je les ai vus pour la première fois dans le film Home de Yann-Arthus Bertrand, film que j'ai trouvé fort ennuyeux, soporifique, même, et assez pauvre d'un point de vue écologique.
Voyons donc voir à quoi ressemble la bête...

Hébergeur d'images

Un pelamis, ou serpent de mer.

Hébergeur d'images

Un schéma de Pelamis. On y voit qu'aux jointures, ça peut monter puis redescendre.

La forme de ces machines évoque celle d'un serpent, c'est pourquoi on les a appelées "serpents de mer". Une espèce de serpent de mer tropicale, aux individus noirs et jaunes, s'appelle "pelamis", du coup, on a récupéré ce nom pour les serpents de mer mécaniques.
Ces pelamis utilisent l'énergie des vagues. Ces vagues vont faire osciller les jointures entre les cylindres, ce qui va pousser des vérins hydrauliques qui vont envoyer un fluide à haute pression vers une turbine, et là encore, alternateur et électricité. L'électricité est amenée par un câble sous-marin vers la terre ferme.

Chaque serpent de mer produit 750 kW.

Le principal problème de ce truc, c'est qu'il fait mur aux bateaux ! À signaler, donc, par des bouées ornées de phares, ou autres.

La première firme à avoir relié un pelamis au réseau est écossaise : c'est Pelamis Wave Power. Cela s'est passé en 2004, c'est-à-dire environ 8 ans avant la publication de cet article.

IV Conclusion

L'exploitation de l'énergie marine n'est pas pour l'instant très... concluante. Oui, je sais, j'ai pas eu beaucoup d'inspiration, j'ai dit "concluante" après "Conclusion", j'avoue pas m'être beaucoup creusé la tête, mais tant pis. Mises à part les usines marémotrices, de nombreux développements restent à effectuer. D'ailleurs, c'est assez gênant que ces usines en soient presque à leur stade final vu qu'elles ne produisent pas beaucoup.
Mais tout de même.
Quand on voit qu'une hydrolienne produit plus qu'une éolienne, on peut se dire que peut-être, peut-être, la transformation de la poussée des flots aura un rôle à jouer dans une évolution vers de meilleurs modes de production d'électricité.

(1) : Einstein a montré dans la relativité générale que la gravitation n'est pas une force, mais ici, on va faire comme si ! Vous inquiétez pas, c'est une modélisation qui marche bien.
(2) : La friction, ça chauffe ! Il suffit de se frotter les mains pour en constater un cas particulier.
(3) : J'ai publié un article de vulgarisation scientifique très pédagogue qui parle de l'énergie potentielle : Le théorème de l'énergie mécanique . Grâce à cet article, vous pourrez comprendre pourquoi une Lune qui perd de l'énergie potentielle équivaut à une Lune qui "descend".
(4) : Ou comment augmenter mon taux de CALM (Connerie À La Minute) de manière flagrante. Quoi, j'ai bien le droit de me défouler un peu ! La suite du texte est plus sérieuse.
(5) : L'usine de la Rance s'appelle ainsi car elle se situe à l'estuaire du fleuve nommé Rance.
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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 22:42

[Mise à jour 1/6/2011 : correction sur la turbine, ajout sur le stockage de l'énergie, ajout sur le rendement comparé au solaire et à l'éolien, ajout sur la malhonnêteté des industriels du pétrole. J'avais écrit cet article en mode "Je sais comment ça marche du coup je fonce.", et j'en paye les frais par un manque de qualité, mais ça s'est un peu amélioré.]

 

Un des derniers articles de cette série : les énergies fossiles. Que sont les énergies fossiles ? Ce sont des énergies utiles issues du pétrole, du gaz naturel ou du charbon. Faisons donc un tour d'horizon de la chose...

I Formation des combustibles fossiles
II Avantages et défauts des énergies fossiles
III La raison du succès du pétrole
IV Vers une crise du pétrole ?

I Formation des combustibles fossiles

1- Pour le pétrole et le gaz naturel
2- Pour le charbon

1- Pour le pétrole et le gaz naturel

Lorsque des êtres vivants meurent, que ce soient des animaux ou des plantes, une partie de leur corps peut se transformer en roche. On appelle ce phénomène la sédimentation. Lorsque les millions d'années passent, de la terre s'accumule au dessus de l'ancienne terre, ce qui fait qu'au bout d'un moment, les roches issues d'êtres vivants se retrouvent sous la terre.
Le fait que ces "détritus" d'êtres vivants se retrouvent profond dans la terre les met dans des conditions de températures et de pression différentes de celles qu'il y aurait eu si elles étaient en surface : la pression est plus forte, et la température plus élevée.
Certaines fois, les conditions de température et de pression sont réunies pour donner lieu à une transformation de la matière nommée "craquage moléculaire" : c'est cette réaction chimique qui donne naissance aux gaz dits naturels (le terme est critiquable parce que les gaz créés par l'homme le sont tout autant) avec les matériaux les plus légers, par exemple le méthane et l'éthane, et au pétrole avec les molécules plus lourdes, comme le pentane, l'hexane et les composés dits aromatiques. Il faut savoir que le mot "pétrole" vient du latin "petra oleum", qui signifie "huile de pierre". Si vous voulez vous la jouer snob, banissez le mot "pétrole" de votre vocabulaire et adoptez celui ô combien plus évocateur d'"huile de pierre". Si vous voulez juste vous faire comprendre, utilisez plutôt le mot "pétrole" ^_^

methane

Une molécule très simple : le méthane. En noir, un atome de carbone, en blanc, des atomes d'hydrogène. On peut le brûler au contact du dioxygène pour obtenir de l'eau et du CO2. C'est un gaz à effet de serre, dont l'impact est plus fort que le CO2 sur ce point.



Il existe en fait plusieurs types de pétrole et de gaz naturel, différant selon leur composition chimique. Tous se forment dans une roche appelée roche mère, et ce n'est pas dans cette roche qu'on vient le puiser, car elle est trop profonde. Le pétrole comme le gaz naturel ont une tendance à monter jusqu'à la surface, et le pétrole étant très volatil, il ne peut rester très longtemps à la surface : lorsqu'il y est, il s'évapore. Cela dit, on a déjà trouvé à l'Ouest des Etats-Unis, dans le désert, des restes anciens d'animaux morts pour s'être embourbés dans une flaque de pétrole qui n'a pas eu besoin de l'action de l'homme pour se former. Pour ce qui est du méthane, s'il remonte à la surface, il se joint aux autres constituants de l'atmosphère, et contribue à l'effet de serre.
Parfois, il arrive qu'une roche bloque la remontée du pétrole et du gaz naturel : il se retrouve alors stocké dans une zone où l'on pourra, peut-être, l'extraire.

petrole stockage sous sol
Une nappe de pétrole peut se créer s'il rencontre un obstacle le confinant dans une zone de laquelle il ne peut s'échapper.

La zone de la Terre où l'on trouve le plus de pétrole se situe autour du golfe persique. Dans le système solaire, c'est autour de Saturne que l'on trouve le plus d'hydrocarbures, dans des quantités bien plus importantes que ce qu'on a sur Terre, certaines personnes vont même jusqu'à appeler cette zone "le golfe persique du système solaire".

Chose importante à savoir : les réactions chimiques mises en jeu lors de la création du charbon et du gaz naturel s'étalent sur des millions d'années. C'est pour cette raison que ces produits ne se renouvellent que très lentement.

2- Pour le charbon

Le charbon est quant à lui uniquement issu de la décomposition de végétaux. Les végétaux ayant donné naissance au charbon ont semble-t-il vécu pendant le carbonifère, de 355 à 295 millions d'années avant aujourd'hui. Contrairement au pétrole qui est une huile, le charbon prend la forme d'une roche à haute teneur en carbone. Le charbon de meilleure qualité, celui qui possède la plus haute teneur en carbone, est nommé anthracite : il possède plus de 90 % de carbone.

anthracite
De l'anthracite.

 

 

Là aussi, les réactions se déroulent sur plusieurs millions d'années, c'est dire à quel point le charbon se renouvelle lentement.

II Avantages et défauts des énergies fossiles

Tout d'abord, je dois vous expliquer comment on obtient de l'électricité avec du pétrole, du gaz naturel ou du charbon.
En fait, on fait brûler un de ces trois matériaux, la chaleur obtenue permet de faire évaporer de l'eau, on  fait passer la vapeur d'eau à travers un conduit dans lequel elle va faire tourner une turbine, ça va faire tourner une roue, qui va elle même créer un courant électrique grâce à une machine que l'on appelle un générateur.

turbine
Voici une turbine.

 

 

alternateur
Et ça c'est un générateur.

 

 

Dans le générateur, on fait tourner des aimants autour d'un circuit électrique, et, en utilisant les équation de base de l'électromagnétisme, on peut prévoir que cette rotation d'aimants va créer un courant électrique dans le circuit. Pour information, ces équations de base de l'électromagnétisme s'appellent équations de Maxwell, mais je ne vais pas trop en parler ici parce que ça me forcerait à vous faire un cours de maths.

Avantages des énergies fossiles : de grandes ressources avec le charbon, de faibles coûts avec le pétrole, énergie primaire plus facile à stocker, rendements assez élevés.

 

Je précise pour ceux qui ne le savent pas que l'énergie primaire, c'est une énergie brute, pas encore sous sa forme utile. Ca peut être un tas de charbon comme des photons émis par le Soleil.


Défauts des énergies fossiles : réserves limitées, surtout pour le pétrole, pollution de l'air, rejet de gaz à effet de serre.

III La raison du succès du pétrole

D'après ce que nous venons de voir, en comparant avec des filières propres et renouvelables comme le solaireou l'éolien, on peut se demander pourquoi le pétrole a autant de succès. En fait, et c'est terrible, c'est tout simplement... parce que ça coûte moins cher aux patrons d'exploiter du pétrole plutôt que de faire de l'éolien ou du solaire. Aussi, et je remercie beuh pour cette précision, le pétrole a beaucoup de succès parce qu'il a un "rendement" plus élevé que les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques (de l'ordre des réactions chimiques avec les atomes comme éléments), et aussi parce que c'est plus facile à stocker que de l'électricité.

Il s'avère que capitalisme est un frein au progrès technique allant dans un sens de protection de l'environnement, aussi serait-il vraiment intéressant de s'en débarasser.


Au passage, et si ma mémoire est bonne, un écologiste nommé Anthony Brault signalait dans une conférence la malhonnêteté des industriels du pétrole, qui chercheraient à nous cacher le manque de ressources pour continuer leur train train quotidien comme si ça pouvait être durable.


Il semblerait que le pétrole devrait venir à tarir vers 2050. Quant au charbon, il y en a pour plusieurs siècles, mais c'est sans compter sur le réchauffement climatique que cela peut engendrer !

 

IV Vers une crise du pétrole ?

Les produits du pétrole sont omniprésents dans nos vies : traité, il sert de carburant aux voitures, aux camions et aux tracteurs, il sert à fabriquer le plastique, il sert aussi, parfois, à créer de l'électricité, qui pourra être utilisée à différents usages. D'où la question suivante : si les ressources de pétrole viennent à tarir, ne risque-t-il pas d'y avoir une crise ? Je pense que si, et nous devons agir en conséquence : il nous faut trouver une énergie de substition pour les voitures, camions et tracteurs, il nous faut trouver des moyens plus durables de produire de l'électricité, il faut trouver des méthodes de substitution pour la création du plastique. Il faut nous préparer à l'après-pétrole. Autrement, nous en subirions très cher la crise...

 

epave voiture

La crise de l'après-pétrole risque de marquer fortement le XXIème siècle de l'humanité, et il faut s'y préparer... en faisant tout pour l'éviter !!!


 

Apparemment, le pétrole devrait commencer à manquer dès 2050. Que tous ceux ici qui feront plus tard des études en prennent conscience : vous pouvez orienter votre futur métier de façon à se préparer à l'après-pétrole.
Pour ma part, je me dis qu'il serait bon de trouver une méthode de stockage d'énergie libérable sous forme d'énergie électrique qui soit efficace sur le long terme, car cela permettrait de régler le problème de l'intermittence des productions d'énergie électrique par le solaire ou l'éolien. Mais je devrais en reparler plus tard.
Pour conclure, je dirai que le pétrole, le charbon et le gaz naturel, c'est vraiment dégueulasse, et que ce serait bien de trouver quelque chose de plus moderne que la machine à vapeur pour exploiter de l'énergie thermique.

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 22:52

En travaillant à l'élaboration de ma série d'articles sur les sources d'énergie électrique, je me suis rendu compte qu'en fait, ce qui m'intéressait vraiment, c'était surtout les différents modes de production d'électricité d'usage courant.

 

Et je constate que l'utilisation du mot "énergie" pour désigner des activités industrielles diverses comme la production d'électricité ou l'alimentation des voitures commettait l'erreur de se borner à des activités industrielles loin de représenter l'immensité des choses que l'on peut appeler "énergie" en physique, et qui pour autant ne semblent avoir aucune unité, si ce n'est l'importance de l'utilisation de la notion d'énergie dans la mise en place de ces activités industrielles.

 

Ne confondons pas "énergie" avec "énergie électrique" ! Trop de gens le font, et comme un imbécile, je suis tombé dans le piège !

 

Je corrige donc l'intitulé de ma série d'articles en le nommant de la manière suivante : "Les sources d'énergie électrique".

 

Bon surf sur mon site.

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:59

Lorsque le vent souffle fort, les particules d'air viennent cogner les reliefs, les arbres et les gens, allant parfois jusqu'à mettre certaines choses en mouvement. Les cyclones et les tornades confèrent tellement d'énergie cinétique aux gens et aux choses là où elles passent qu'ils en deviennent des courants d'air destructeurs pour les maisons, les arbres...
Mais comme on est malins, on essaye de domestiquer cette source d'énergie pour qu'elle soit plus... constructive. On est très loin de faire des centrales à cyclones qui les rendraient inoffensifs tout en récoltant une partie de leur immense énergie, mais on s'intéresse un peu plus, ces dernières décennies, à l'énergie du vent du fait qu'elle soit renouvelable et propre.
De nombreuses idées, certaines brillantes, ont été avancées, et il est difficile de savoir lesquelles aboutiront. Dans cet article, je me limiterai à décrire, en partie, le fonctionnement d'une éolienne classique verticale à axe horizontal et à trois pales. J'aborderai aussi certains sujets connexes pour étoffer l'article.

I Du vent qui se lève à l'électricité qui court
II Avantages et inconvénients des éoliennes
III Digression sur les moulins hollandais et les polders

I Du vent qui se lève à l'électricité qui court

Dans l'atmosphère terrestre, l'air n'est pas toujours à la même pression selon le lieu et l'endroit. Mais d'ailleurs, qu'est-ce que la pression ? C'est la force qu'exerce un système matériel par unité de surface. Un bon moyen pour s'en rappeler est de remarquer que plus la lame d'un couteau est fine, plus il coupe bien : à force égale, la pression est plus forte avec une lame affutée qu'avec une lame émoussée de grande surface de contact. En imaginant un couteau dont le fil de la lame n'aurait qu'un atome d'épaisseur, on pourrait envisager (je dis bien, "envisager") que la pression exercée par le couteau soit en tout cas infinie étant donné qu'un atome est ponctuel et que la surface d'une droite est nulle. C'est probablement cette idée qu'avait Philip Pullman en tête lorsqu'il a décrit le couteau fabriqué par les habitants de Cittàgazze, dans A la croisée des mondes. A vrai dire, je ne pense pas qu'un atome soit réellement ponctuel, on ne pourrait donc pas construire un tel couteau exerçant une pression infinie, mais sur le papier, il serait quand même très coupant.

atomes poignard subtil
Une représentation de la lame d'un tel couteau. Les atomes du fil ont été mis en rouge pour évoquer sa dangerosité.

Une petite formule :

formule naze pression

F désigne la force, P désigne la pression, et S désigne la surface.

Cette formule est fausse : pour calculer une pression, il faut avoir recours à un outil que l'on appelle l'intégrale, et utiliser non pas des forces F et des surfaces S, mais leurs différentielles, notées dF et dS.

Si je vous l'ai donnée, c'est pour vous donner un ordre d'idée : plus les forces exercées sont importantes, plus la pression est importante, et plus les surfaces sont réduites, plus la pression est forte.
Pour ceux qui auraient eu l'idée au combien saugrenue de marcher sur le sable d'une plage en chaussures à talons, je crois qu'ils commencent déjà à se faire une notion de l'impact de la surface sur le truc.

Pour revenir au sujet, il se trouve que ce sont les différences de pression dans l'atmosphère qui donnent naissance au vent. Un air à haute pression verra ses molécules très rapprochées les unes des autres, alors qu'un air à basse pression verra ses molécules plus écartées. Prenons un cas particulier pour expliquer tout ça.

Sur la côte, le jour, un régime s'installe où le sol est plus chaud que l'eau. C'est en tout cas ce que suggère Wikipedia dans son article sur le vent. On va leur faire confiance. Le sol étant plus chaud que l'eau, l'air au contact du sol va être plus chaud que l'air au dessus de l'eau.
Les molécules d'air chaud ont une grande énergie cinétique : ceci leur permet de passer près les unes d'entre elles sans trop dévier leur trajectoire.

molecules air chaud
Les molécules d'air chaud sont très rapides, leur énergie cinétique est élevée, ce qui leur permet de passer facilement les barrières de répulsion qui apparaissent lorsque deux molécules s'approchent très près les unes d'entre elles. Ici, un schéma de collision entre deux particules imaginaires illustre ce comportement.

molecules air froid
Les molécules d'air froid sont plus lentes, elles sont plus sensibles à la répulsion qu'elles s'exercent mutuellement en contact rapproché. Cela les confine dans une zone plus restreinte que les molécules d'air froid.

Ce qui arrive, c'est que l'air chaud monte, et emporte avec lui l'air froid à côté. Se met en place une sorte de boucle, avec un vent au sol qui vient de la mer.

brisedemer brisedeterre  


On appelle ceci une brise de mer. Evidemment, ce phénomène ne prend forme de manière aussi simple que dans une météo stable, sans vent extérieur de type cyclone ou tempête.

La nuit, c'est le phénomène inverse qui se produit : on appelle ça la brise de terre.

 

Sur l'image précédente, le schéma du haut représente une brise de mer, et celui du bas, une brise de terre. "de mer", car le vent vient de la mer, et "de terre",  car le vent vient de la terre.


Et la différence de pression, dans cette histoire ? Et bien, l'air chaud au dessus du sol, lorsqu'il fait jour, se trouve être à une plus faible pression que celui, plus froid, plus condensé, au dessus de la mer. De là à dire que c'est la différence de pression qui engendre le vent, il reste des choses à préciser si l'on veut utiliser un vocabulaire rigoureux.

S'il y a une formule à savoir avec les éoliennes, c'est bien celle ci :

puissance eolienne 

Mais qu'est-ce que c'est que tout ce charabia, vous allez peut-être me dire.

Pas de panique, je vous offre la traduction !

eolienne ciel bleu 

Imaginons une éolienne face au vent, mais vraiment pile en face.
La partie tournante a une certaine surface de contact avec le vent : sur l'image au dessus, cette surface est beaucoup plus petite que celle d'un disque. D'ailleurs on peut toujours imaginer une éolienne avec une section tournante de la surface d'un disque.
La surface de contact, on aurait pu l'appeler "surface de contact avec le vent de la partie tournante de l'éolienne", mais comme on est un peu fainéants et qu'on préfère en dire beaucoup mais en peu de temps, et ben on a décidé d'appeler ça autrement, et on y a appelé "S".
"S", comme surface.
Dans la formule présentée, aucun risque de confusion.
S'il y avait d'autres surfaces, ou encore des paramètres de salinité, de surdité, ou de saleté, il aurait peut-être fallu se creuser un peu plus la tête pour nommer cette dite surface au mieux.
M'enfin, on n'en est pas à là.

Le petit "v", ça désigne la vitesse du vent.
D'ailleurs en physique, la plupart du temps, c'est avec un "v" minuscule qu'on désigne une vitesse, le "v" majuscule, on le réserve plutôt aux volumes.
Donc pas vraiment de "vitesse grand "v"".

La lettre qui ressemble à un "p" d'imprimerie minuscule mais sans l'empattement au dessus, c'est une lettre de l'alphabet grec, que l'on appelle "rhô", ici, le "rhô" minuscule. Elle désigne la masse volumique de l'air, c'est-à-dire la masse d'air qu'il y a dans un volume fixé par une convention, par exemple 1 mètre cube, si on prend la convention du système international d'unités.
Plus l'air est dense, plus "rhô" est élevé. Plus on monte en altitude, moins l'air est dense. A partir d'une certaine altitude, toutes les particules de diazote, de dioxygène, ou autres composantes de l'air terrestre, s'échappent de l'attraction terrestre, et peuvent tout à fait ne jamais revoir l'atmosphère, attachée à la Terre.

Le "p" minuscule, c'est la puissance de l'éolienne, c'est-à dire la quantité d'énergie qu'elle fournit par unité de temps. On peut la mesurer en Joules/seconde, c'est-à-dire en Watts, puisque par définition, 1 Watt=1 Joule/1 seconde. Je préfère noter la puissance avec un "p" minuscule, et noter la pression avec un "p" majuscule, comme ça au moins, on est sûr de pouvoir faire la différence entre les deux.

Quant au "c" majuscule avec un petit "p" dans le coin en bas à droite, il désigne le coefficient de performance, compris entre 0 et 1. C'est ce qu'on appelle un paramètre correctif : le calcul de base donne une formule où Cp égale 1, alors qu'on sait très bien qu'en pratique, c'est pas réaliste du tout, qu'il y aura toujours des pertes d'énergie par rapport à ce modèle idéal, du coup, pour modéliser les pertes, parce que c'est quand même bien pratique, on utilise ce coefficient de performance, dont le calcul de la valeur est à voir suivant chaque situation.

Ce qu'il faut retenir de cette formule, c'est que le facteur le plus important dans la puissance d'une éolienne, c'est la vitesse du vent, parce que cette puissance est proportionnelle au cube de la vitesse du vent.

Si le vent va 2 fois plus vite, la puissance de l'éolienne sera 2^3 fois plus grande, c'est-à-dire 2x2x2 fois plus grande, c'est-à-dire 8 fois plus grande.
Multipliez la vitesse du vent par 3, et vous aurez une éolienne 27 fois plus productive.

En comparaison, si la densité de l'air soufflé est 2 fois plus grande, la puissance de l'éolienne est 2 fois plus grande. Vachement moins déterminant, au final.

Quant à la surface, on peut supposer que des contraintes aérodynamiques nous empêchent à l'ordinaire de faire des éoliennes dont la surface totale des pales en contact avec le vent équivalerait à celle d'un disque. Cela dit, c'est pas parce qu'un truc est une habitude qu'il est justifié ^_^

A la fin, on se retrouve avec une énergie cinétique de type courant électrique. Il y a bien des pertes par échauffement et par son, car je le précise aussi au cas où, il existe aussi des énergies thermique et sonore.
Dans la nacelle en haut de l'éolienne verticale à axe horizontal, il y a une boîte de vitesse, et un générateur, qui transforme de l'énergie mécanique (ici, liée à la rotation d'un axe) en énergie électrique. Il semblerait que ce type de générateur soit le même type de pièce que celui des alternateurs dont j'ai parlé dans l'article Les sources d'énergie électrique : la fission nucléaire . Je ne trouve pas de documentation assez bonne sur Internet, je compte bien aller voir la bête de plus près pour voir comment ça marche. En voici un portrait :

wind turbine nacelle   


J'espère que vous avez compris que quand je disais "bête" et "portrait", ce n'était que purement métaphorique... D'ailleurs il faudrait que je fasse une bonne critique de la poésie sur ce blog.

Lorsque j'aurai de plus amples informations, je mettrai cet article à jour.

II Avantages et inconvénients des éoliennes

Avantages :

-Elles ne rejettent aucun sous-produit polluant.
-Tant qu'il y aura du vent, elles pourront fonctionner. On n'a donc pas trop à se soucier de la durée de vie d'un tel type d'installation.

Inconvénients :

-Elles produisent très peu d'énergie électrique. Le Danemark n'a plus assez de place sur son territoire pour mettre des éoliennes tellement il y en a, et selon Wikipedia, en comptant les éoliennes terrestres plus les éoliennes maritimes, on atteignait seulement 23 % de la production des besoins du pays, en 2006.
-Une éolienne ne produit de l'électricité que lorsqu'il y a du vent pour la faire tourner. S'il n'y a pas de vent, et qu'on a besoin d'électricité, soit il faut utiliser une autre source d'énergie électrique, soit... on est un peu dans la merde. S'il y avait des techniques de stockage d'énergie bien au point et bien développées qui permettraient d'en stocker beaucoup sur de longues durer, on pourrait s'arranger pour avoir une production excédentaire aux besoins du moment et stocker le surplus dans l'objectif de l'utiliser plus tard, et théoriquement, ne produire de l'électricité qu'avec des éoliennes. Mais pour le moment, ces techniques, on ne les a pas.
-Il y aurait (je dis bien "Il y aurait") des problèmes de nuisance sonore et d'obstacle mortel aux oiseaux. Toutefois, les propos relatant ces problèmes sont écrits de telle sorte à ce qu'il me semble que ce ne sont là que des problèmes mineurs. La seule façon de savoir, c'est d'aller voir là où il y a des éoliennes, et d'observer suffisamment ce qui s'y passe pour être sûr.

III Digression sur les moulins hollandais et les polders

Dans le livre "Effondrement" de Jared DIAMOND, on apprend que les Néerlandais ont l'une des consciences environnementales les plus élevées du monde. Dans le livre, il y a une longue explication à ce fait, pas faite par l'auteur, mais par quelqu'un qui a lui expliqué, aux Pays-Bas, comment on en était arrivé là.

Je vous la donne ici telle qu'elle est écrite dans la version française du livre :

"Regarde autour de toi. Tous les champs que tu vois se trouvent sous le niveau de la mer. Un sixième de la superficie totale des Pays-Bas est sous le niveau de la mer, parfois de plus de vingt mètres, parce que c'étaient jadis des bas-fonds. Nous avons gagné sur la mer en entourant ces bas-fonds de digues et en pompant petit à petit l'eau. On dit que Dieu a créé la Terre, mais que nous, Hollandais, avons créé les Pays-Bas. Ces terres gagnées sur la mer s'appellent des "polders". Nous avons commencé à les drainer il y a près de mille ans. Aujourd'hui, nous devons continuer à pomper l'eau qui suinte dedans. Voilà à quoi servaient nos moulins à vent : à faire marcher les pompes qui pompent les polders. Aujourd'hui, nous utilisons des pompes à vapeur, au diesel ou à l'électricité. Dans chaque polder, il y a des rangées de pompes : on commence par celles qui sont les plus éloignées de la mer et on pompe l'eau jusqu'à ce que la dernière finalement la déverse dans une rivière ou dans l'océan. Aux Pays-Bas, on dit aussi qu'il faut savoir s'entendre avec son ennemi, parce que cela pourrait être lui qui actionne la pompe située juste à côté de la sienne. Et nous sommes tous ensemble dans les polders. Les riches ne vivent pas en sécurité en haut des digues tandis que les pauvres se trouvent au fond, sous le niveau de la mer. Si les digues et les pompes ne marchent pas, nous serons tous noyés. Quand une grande tempête a éclaté et que de grandes vagues ont pénétré à l'intérieur de la Zélande le 1er février 1953, près de deux mille Hollandais, riches et pauvres, ont péri noyés. Nous avons juré que cela n'arriverait plus jamais et tout le pays a payé pour qu'on construise un ensemble extrêmement coûteux de digues. Si le réchauffement global fait fondre la glace des pôles et que le niveau mondial des mers s'élève, les conséquences seront plus graves pour les Pays-Bas que pour n'importe quel pays au monde, parce que beaucoup de nos terres se trouvent déjà sous le niveau de la mer. Voilà pourquoi les Hollandais ont une telle conscience de l'environnement. Notre histoire nous a appris que nous vivons tous dans le même polder et que notre survie dépend de celle des autres."

Le monde est un polder : je rejoins pleinement Jared DIAMOND dans cette affirmation métaphorique. Et vu qu'il défend une ligne vachement anthropocentrée dans son livre, je le pense peut-être même plus que lui ^_^!!

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