Sciences humaines, exactes ou naturelles, philosophie, politique, arts... Je vous emmène sur les flots dans un voyage aux mille escales, avec toujours le même objectif dans la longue-vue : l'étoile du marin, ou l'idéal qui anime l'homme qui a de l'espoir.
Les écolos rigolos
Lundi :
Sept heures et demie. Un Soleil écarlate émergeait dans un horizon dégagé. Pour Sylvain, il était l’heure de retourner au lycée dans sa classe de seconde.
Sylvain ouvrit la fenêtre et découvrit le spectacle du Soleil levant.
Exactement comme dans mon rêve… songea-t-il. Quel rêve merveilleux…
Il était question d’une vision du futur des plus charmantes pour son créateur. Une grande plage bordée d’une mer turquoise reflétait savamment les couleurs du ciel du matin. Quelques gens s’y trouvaient et contemplaient la scène avec un profond dévouement. Les cris des frégates remplaçaient le hurlement des voitures, point de tumulte citadin mais le murmure apaisant et régulier de l’onde.
L’humanité avait laissé loin derrière elle la marque de tous ses innombrables péchés : plus de guerre destructrice, plus de précipitation inutile, plus de machines infernales, plus d’industries monstrueuses et dégradantes, non, tout cela était fini. Les gens vivaient sobrement, dans le bonheur le plus total que procurait l’existence harmonique -fusionnelle ?- avec la Nature.
Je n’oublierai jamais ce rêve… Jamais.
Retour à la réalité. Il fallait se dépêcher, les cours débutaient à 8 h.
Dès que Sylvain eut avalé deux tranches de pain bio tartinées avec de la confiture bio et trempées dans un café bio au lait bio, enfilé son pull 100% coton bio et plus plaqué que coiffé ses cheveux faute de sécrétion abondante non corrigée de corps gras, il enfourcha son vélo. Le lycée était à l’autre côté de la ville.
Pourvu que je n’arrive pas en retard…pensa-t-il, redoutant un phénomène…presque cyclique.
Huit heures dix. Bureau du CPE, M.Chantelort.
« Encore ! s’écria-t-il.
-Mais c’est pour sauver la planète…
-On la connaît celle-là ! interrompit le fonctionnaire en colère. … bien un truc d’écolo … continue, je vais vous renvoyer de… des excuses signées … sinon une retenue… plus vous voir…
-… »
Plus tard dans la matinée, lors de la récréation, Sylvain s’empressa de quérir sa petite amie, Julie.
Ils se saluèrent banalement, s’embrassèrent brièvement et se confièrent les nouvelles du week-end.
« Tu as vraiment fait un rêve magnifique… s’émerveilla Julie à l’écoute du récit passionné de Sylvain. »
Ce dernier marqua un bref temps d’hésitation.
« J’ai… j’ai une idée là-dessus. Ce rêve, il est réalisable. Ensemble, on pourrait faire partager ce rêve à tous ceux qui nous entourent pour qu’il devienne enfin réel. Tous les deux, on pourrait rendre la Terre plus verte, sans OGM, sans voitures, sans toutes ces choses qui en fin de compte ne servent à rien. »
Julie acquiesça.
« C’est vrai, tout ce luxe… ça me dégoûte. Prendre sa voiture pour aller de l’autre côté de la ville… non, ça devient n’importe quoi.
-Alors, t'es d’accord ?
-Pour quoi ?
-Pour qu’on réalise ce rêve ensemble.
-Mais bien sûr ! ».
Elle rit et il fit de même par contagion d’émotion. Nouvelle embrassade, plus passionnée cette fois ci.
Midi et demi. Sylvain retrouve de la compagnie pour le repas. Tous des camarades de classe. Cette fois ci, il y avait Sébastien, l’esprit plongé dans ce qu’il avait découvert dans le dernier numéro de Science et Vie, Damien, le cerveau encore branché sur Messenger, Victor, fort de ses scores de la veille dans le jeu de tir à la première personne Counter Strike, Bertrand, songeant à moitié au dernier film qu’il avait vu, et Franck, plus réceptif à l’arrivée de Sylvain.
« Salut Franck, salut Damien !
-Alors, t’as révisé pour le contrôle de Physique-Chimie Jeudi ? répondit Franck.
-Woh… déjà que j’y comprends rien, si en plus on rajoute des moles ou je sais pas quoi, ça facilite pas les choses. »
Sébastien fit une moue traduisant un certain désaccord et une mauvaise impression.
« C’est vrai que c’est pas évident, admit Franck. Mon père va sûrement m’aider, il s’y connaît pas mal.
-Au fait, ton père, il est pas ingénieur à EDF ? demanda Bertrand.
-Si, justement. Il a dû…
-S’il, vous plaît, interrompit Damien, on parlera de ça plus tard, d’accord ? ».
Les autres affichèrent un consensus facial que seuls Sylvain et Victor n’arrivaient pas à comprendre. Néanmoins, ces deux-là ne posèrent pas de questions et laissèrent passer cette chose qui aurait dû attirer leur attention.
Après une discussion amicale sur le film qu’avait vu Bertrand et les « exploits » vidéo-ludiques de Victor occupant les camarades de classe pendant la queue les menant au self, ces derniers arrivèrent à un moment crucial et fatidique : le choix personnel des aliments.
La plupart sautèrent sur les lasagnes, accompagnées d’une salade ; lorsque Sylvain ne prit que la salade en tant que plat de résistance, Victor étouffa un ricanement. Les entrées furent plus variées ; pour sa part, Sylvain se résigna à prendre un ravier de crudités accompagnées d’un petit morceau de beurre sommairement confiné dans de l’aluminium. Arrivés au choix des fromages et desserts, Damien, Franck et Sébastien ne prirent aucun fromage mais compensèrent avec deux desserts comme à l'habitude, bien que le self était censé ne fournir au maximum qu’un fromage et un dessert. Et là où Victor s’octroya deux îles flottantes et un yaourt aromatisé sucré, Sylvain emporta tout aussi machinalement une part de brie, deux pommes, une orange et une banane.
Et ils s’assirent sur une table de huit personnes, ne se doutant pas que cette sélection était le signe de ce qui allait suivre…
Mince… J’aurais pas dû en prendre autant…pensa Damien. J’aime bien les lasagnes, mais là…
« Est-ce que quelqu’un veut de mon pâté ? demanda-t-il.
-Ah oui, je comprends, tu veux qu’on t’aide à enfiler ta dose, remarqua Bertrand. »
Personne d’autre ne répondit.
« Allez, vous en voulez ? C’est du bon pâté de campagne.
-Hein ? Bweurk ! Non ! s’exclama Sylvain. T’es fou, je veux pas attraper la peste ! lança-t-il sincèrement. »
Victor ricana.
« Oh non, ça va pas recommencer ! se plaignit Damien.
-Trop manger de fruits… marmonna mesquinement Victor.
-Moi, j’en veux pas de ton pâté pourri, répliqua Sylvain. A la limite, si vous voulez vous empoisonner, c’est votre problème ; je vous rappelle que le centre anti-poison est à cent cinquante kilomètres. »
Victor ricana de plus belle.
« On va pas s’empoisonner, rétorqua Franck, sinon on serait morts depuis longtemps ! Mais si tu veux offrir de l’argent pour les funérailles de Damien avec toutes ces lasagnes, je pense qu’il dira pas non. »
Damien rit et acquiesça. Sébastien soupira, méditatif.
« Est-ce que vous savez qu’aujourd’hui, dès que c'est pas bio c'est des OGM ? déclara Sylvain.
-Dans ce cas là, pourquoi tu manges de la salade et des fruits ici? demanda Franck.
-Trop manger de fruits, ça peut donner des boutons… tout verts ! Tout verts ! répéta Victor sur un ton de moquerie.
-Oh, arrête avec ça ! répliqua Sylvain, assez exaspéré.
-C’est vrai, t’es lourd, renchérit Bertrand.
-Oui, donc si je mange de la salade et des fruits, ben, c’est parce que j’ai pas trop le choix, mais surtout parce que c’est plus sain que du porc ou du beurre. Tenez, si vous voulez mes crudités, je vous les passe ; elles ont dû se faire empoisonner par le beurre.
-Roh la la… fit Damien. »
Sébastien profita d’une légère pause -car Victor était encore plongé dans sa « thèse » sur les boutons verts- pour placer ce sur quoi il avait réfléchi.
« Mais dis moi Sylvain…
-Oui ?
-Tu disais pas que les plantes, avec la photosynthèse, luttaient contre le réchauffement climatique ?
-Bien sûr que si, pourquoi ?
-Mais là, tu manges bien de la salade ? Enfin…
-Hein ? Ah oui, mais les animaux, ça pollue plus.
-Oui, c’est vrai, il faut empêcher les vaches de péter, dit Franck.
-Ca devient vraiment n’importe quoi… remarqua Damien. »
Sylvain était bien embarrassé. Il fallait faire tout ce qu’on pouvait pour sauver la planète, mais…
« Allez Sylvain, renchérit Victor, fais un geste pour la planète : retiens-toi ! Ha ha ha ha ha!»
C’est bon, l’écologiste a trouvé la réponse :
« Non, c’est la Nature.
-Ben ta nature, tu vas la montrer ailleurs, rétorqua Damien. On veut pas de tes odeurs. »
La tension était à son comble, et c’est là que Bertrand intervint.
« Bon, écoutez, faudrait se calmer, là. »
L’attention était encore ailleurs. Il reprit :
« Tenez, je vais vous prendre votre pâté et vos crudités, si vous voulez. »
Damien et Sylvain se tournèrent vers lui et lui donnèrent leurs entrées avec un certain soulagement dans ce climat agité.
«Merci. Chacun décide de ce qu’il mange, on ne va pas imposer aux gens de manger bio, Mcdo ou quoi que ce soit. Si Damien veut s’emplâtrer des lasagnes, c’est son problème, après il assume les conséquences. Si Sylvain veut être végétarien, c’est son problème aussi. Par contre, Sylvain, à dire que le petit morceau de beurre, emballé en plus, il va contaminer les carottes rapées, là t'exagères. »
Tous se taisaient, la mine renfrognée caractéristique de l’apaisement progressif d’un conflit.
« J’ai fini, dit Damien en emportant son plateau. »
Le repas s’acheva dans un froid silence de monastère, sans incident notable. Sylvain fut de loin le dernier à partir.
Quinze heures. Cours de Sciences de la Vie et de la Terre. Le professeur rendait les copies sur le fonctionnement du système circulatoire.
« Franck… A revoir. Victor... A revoir aussi. Sébastien… Le sujet a été compris, c’est bien. Laurent… Quelques erreurs par ci par là, je pense que tu peux faire mieux. Sylvain… Sujet compris, rien à redire, sauf peut-être ta petite remarque que j’ai signalée dans la correction, à éviter à l’avenir, au cas où... Mais rien de bien grave. Nicolas… »
Sylvain posa son regard sur la copie avec assurance. Seize. Dans ce cas là, pas vraiment la peine d’écouter la correction, il se demandait bien quel pouvait être le problème. Il parcourut rapidement la copie –il y avait peu de rouge- et aperçut assez vite un certain bloc d’écriture du professeur dans la marge.
Alors c’est pour ça qu’elle m’a averti…Apparemment, les autres n’ont pas compris que la Nature était bien faite, pourtant ça me semble évident avec tout ce qu’on a appris…Mais qu’est-ce qu’elle a bien voulu me dire ?
« A éviter à l’avenir, on ne sait jamais sur qui on peut tomber… Je te conseille de lire des livres sur la théorie darwinienne de l’évolution et la génétique, et tu verras que cette conclusion est un peu hâtive. D’ailleurs, pour te prouver que c’est faux, rappelle toi que les maladies sont d’origine naturelle… »
Sylvain était assez déboussolé. Tout ce fonctionnement, ces circuits parfaits avec le cœur, les poumons… Mais…
Tiens, qu'est-ce que je vais faire ce soir ?
Le cours s'acheva avec un Sylvain rêvassant.
Dix-huit heures vingt-cinq. Retour à la maison – en vélo, bien sûr. Sylvain retrouva sa mère, Christine. Elle faisait des petits boulots à temps partiels, et cela n’était pas plus mal, car avec une famille composée de deux parents et d’un fils unique, il y avait fort à faire à la maison.
« Comment ça s’est passé cette journée ? demanda-t-elle.
-Euh… La prof a rendu les devoirs de SVT.
-Et alors ?
-J’ai eu seize.
-C’est bien mon chou, je suis fière de toi. »
Ton admiratif, succès : Sylvain sourit à ce franc compliment. Lui aussi était fier de lui. Son sourire s’effaça quelque peu :
« Ah oui… Sinon, je me suis disputé avec des gars de ma classe.
-Pourquoi ?
-C’était sur des questions de nourriture. Ils vont jamais comprendre…
-Oh, attends que Gérard soit là et on en reparlera, d’accord ? »
Il acquiesça. Gérard était son père ; il était professeur de SVT dans l’ancien collège de Sylvain, où il avait acquis une certaine… notoriété.
« Bon, on a de la chance, il a plu aujourd’hui, comme ça tu pourras te laver avec de l’eau toute fraîche. Qu’est-ce qu’on a de la chance de vivre au bord d’une ville où les pluies ne sont pas acides… Les gens ne se rendent pas compte de cette chance et préfèrent prendre de l’eau chère et polluante, trop chaude et en trop grosses quantités… C’est pas bon pour le réchauffement climatique tout ça, et pour la Nature, encore moins. »
Courte pause. Sylvain répondit :
« Oui, c’est vrai. La Nature nous offre généreusement son eau, et on se sent obligé de la transformer à tort et à travers. Si ça continue, Mère Nature pourrait se mettre en colère et nous punir. Ce serait triste d’en arriver là, mais… »
Christine ne répondit ni ne finit sa phrase.
« Bon, j’y vais, dit-il.
-Pendant ce temps, je vais préparer le repas avant que Papa arrive, il a une réunion. Allez, file. »
Sur ce, Sylvain se dirigea vers le petit jardin derrière la maison. Une grande cuve cylindrique en bois poli se tenait là. A côté, deux seaux constitués de planches en bois cerclées de fer quelque peu oxydé, avec une anse et un fil attaché à une boucle de métal encore plus rouillée au sommet de l'anse. Divers draps étaient pliés par le soin de la mère, posés sur une espèce de petit banc en bois pourri. Au dessus de la cuve, on apercevait aisément deux sortes de toboggans à eau, qui étaient en fait des prolongements de la gouttière, et on pouvait remarquer qu’ils avaient été installés plus tard que ces dernières car leur état et matériaux respectifs étaient assez différents : les gouttières en aluminium et leur prolongements en bois poli.
Sylvain prit un seau qu’il plongea dans la cuve afin d’en recueillir le précieux liquide et mit un drap sur son épaule. Il emporta ce seau à l’intérieur dans une pièce qui était censée s’apparenter à une salle de bains, le posa par terre, et étendit le drap sur une bassine. Il tenta de fixer le drap sur la bassine à l’aide de pinces.
J’espère que ça tiendra, pensa-t-il. Ainsi, il ne demanda point d’aide à sa mère. Il avait seize ans quand même, il pouvait se laver tout seul !
Il versa le contenu du seau sur le filtre de fortune. Pas de problème, il s’en alla quérir un deuxième seau, les remplit à la cuve, revint à la bassine. Il versa progressivement l’un des deux seaux. La bassine était presque à moitié remplie. Le deuxième seau…
Mince ! Il eut une expression de gêne mêlée à une mauvaise surprise. Une pince avait claqué, le fond du deuxième seau n’avait pas été filtré.
J’ai plus qu’à tout recommencer…
Dix-neuf heures cinq. Repas en famille ; le père allait bientôt arriver. Sur une petite table étaient disposés trois assiettes, trois verres, trois couteaux, trois petites cuillères et des serviettes assez tachées. Au menu : salade vosgienne 100 % bio du jardin, aménagée en raison de l’absence de lardons – Quelle horreur ! pensa Sylvain à l’idée de la recette originale. Après une attente polie, Gérard arriva.
« Bonjour tout le monde ! Oh, qu’est-ce que c’est que ça ?
-C’est la salade du jardin que je t’avais promise, répondit Christine.
-Oh, c’est gentil, j’avais bien fait de te la demander.
-Ah oui, il a plu aujourd’hui, alors je me suis dit que je pourrais laver les assiettes et les couverts cette fois-ci.
-Non, c’est pas la peine, ça sert à quoi de laver la vaisselle si c’est pour la salir ensuite, hein ? »
Sa femme cogita un instant.
« Oui, c’est vrai, ça peut encore attendre.
-Bon… »
Le repas se déroulait dans un profond et solennel silence. Après la salade vosgienne, chacun savoura son yaourt au soja aromatisé au cacao, dessert idéal pour qui mange végétalien et bio.
Après le repas, un certain temps s’écoula où chacun vaquait à ses affaires, les parents faisant leur toilette, Sylvain s’occupant de ses exercices de mathématiques qu’il finit par abandonner sans les avoir tous essayé au profit du vocabulaire de sa première langue vivante étrangère avec l’Anglais, l’Allemand.
Ca au moins, je comprends à quoi ça sert, pensa-t-il tout rêveur.
Le soleil commençait déjà à plonger derrière l’horizon lorsque Sylvain se confiait à son père au sujet de la dispute qui l’avait malgré tout gêné.
« C’est déplorable de voir que les gens n’ont rien compris et ne cherchent même pas à comprendre.
-C’est sûr… répondit sa mère.
-C’est pas en mangeant du porc qu’on va sauver la planète…»
Gérard, voyant la nuit arriver, s’était saisi d’une bougie et d’une boîte d’allumettes. Il sortit une allumette et la craqua.
« Nous sommes en avance sur notre temps, déclara-t-il en portant la flamme à la bougie.
-Chéri !
-Oui, c’est ma conviction et je la défends.
-Tu es sûr que…
-Absolument. Je pense fermement qu’un jour, les gens vont ouvrir les yeux et faire comme nous, et que tout ira mieux, que la vie sera plus belle, plus propre, plus respectueuse de la Nature.
-Tu es vraiment trop optimiste…
-Non, non, j’ai de bonnes raisons de croire ça, pas toi ? »
« Bon, la vie nous l’apprendra, continua-t-il. En attendant, je vais me coucher. Pas la peine de lire cette fois-ci, je suis trop fatigué. Bonne nuit Christine.
-Bonne nuit –ils s’embrassèrent.
-Bonne nuit Sylvain.
-Bonne nuit Papa –ils s’embrassèrent.
-Fais de beaux rêves.
-… »
Ainsi, toute la famille s’en alla se reposer, avec dans leur lits de nombreux et inoffensifs lapins de compagnie, la lumière de la Lune gibbeuse pénétrant dans les chambres, les éclairant doucement dans une atmosphère de calme et de paix.
Nous sommes bien gâtés, pensa Sylvain. En la respectant et l’aimant, Mère Nature nous remercie…
« De rien. »